Hôpitaux : le registre des incidents et accidents connaît des ratés

Le Québec est la seule province canadienne à disposer d’un registre des incidents et accidents.
Photo: Pat Sullivan Associated Press Le Québec est la seule province canadienne à disposer d’un registre des incidents et accidents.

Le Québec a du mal à déterminer combien d’accidents et d’incidents se produisent dans ses hôpitaux, malgré la mise en place, il y a un an et demi, d’un registre destiné à les comptabiliser, d’après les conclusions d’un rapport semestriel du ministère de la Santé publié mercredi.

Depuis 2011, le ministère demande à tous les établissements de santé de lui transmettre les données concernant le nombre d’incidents et d’accidents en milieu hospitalier. Ces chiffres sont publiés deux fois par an. Le Québec est la première province canadienne à se doter d’un tel registre public. Toutefois, la mise en place du registre s’avère être un exercice laborieux, puisque le ministère reconnaît qu’il faut interpréter les données « avec nuances ».


Ainsi, plus de 190 000 accidents sont survenus dans les hôpitaux de la province entre le 1er avril 2012 et le 31 septembre 2012. Pour la même période, il s’est produit plus de 28 500 incidents.


Or, il devrait normalement y avoir bien plus d’incidents que d’accidents. « Le fait que les incidents ne représentent que 12,9 % du total des déclarations nous laisse supposer qu’ils ne sont pas déclarés de manière optimale […]. Le sous-signalement des incidents au Québec apparaît donc significatif », lit-on dans le Rapport semestriel des incidents et accidents survenus lors de la prestation des soins et services de santé au Québec. Pourtant, il est important de connaître la nature et le nombre des incidents, car des mesures peuvent être prises pour éviter que des événements plus graves ne se produisent, précise le document.


Mêmes conclusions


Les trois rapports déjà produits par le ministère de la Santé depuis 2011 en arrivent chaque fois aux mêmes conclusions : il faut suivre les hôpitaux qui ne transfèrent pas leurs données ou qui envoient des données incomplètes, uniformiser la transmission de celle-ci et mieux former les responsables d’hôpitaux qui ne comprennent pas toujours le contenu des formulaires à remplir. On constate ainsi que 109 patients sont décédés à la suite d’accidents en milieu hospitalier. Les situations les plus fréquentes sont les chutes et les erreurs de médication, qui représentent plus de 60 % des accidents et des incidents recensés. Un peu plus de la moitié des événements survient chez les personnes âgées de 75 ans et plus.


Au total, 80 % des événements déclarés n’ont eu aucune conséquence. Le ministère précise que l’implantation d’un tel système ne peut se faire que de manière graduelle, et que les données seront de plus en plus précises, au fil des ans. Sur les 268 établissements de santé du Québec, 48 n’ont pas transmis l’ensemble de leurs données au ministère, ce semestre.

1 commentaire
  • Georges Washington - Inscrit 20 décembre 2012 15 h 18

    Pourquoi je en suis pas surpris?

    Le premier rapport dressait un portrait dramatique de la situation et des coûts qu'engendrent ces accidents dans la prestation des soins de santé eux-mêmes. Il fallait bien s'y attendre que le milieu trouverait moyen de rendre les prochains rapports plus difficiles.