La majorité des constats de décès se feront bientôt par téléphone

Le protocole élaboré par le ministère de la Santé, le Bureau du coroner et le Collège des médecins vise à libérer les ambulanciers paramédicaux le plus rapidement possible après un appel.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le protocole élaboré par le ministère de la Santé, le Bureau du coroner et le Collège des médecins vise à libérer les ambulanciers paramédicaux le plus rapidement possible après un appel.

La majorité des constats de décès au terme d’accidents violents survenus au Québec se feront bientôt… par téléphone. La nouvelle façon de faire est déjà en vigueur dans certaines régions du Québec, et elle sera étendue à l’ensemble de la province dans les 
18 prochains mois, sauf à Montréal et à Laval, qui disposent d’un système différent.

Le protocole élaboré par le ministère de la Santé, le Bureau du coroner et le Collège des médecins vise à libérer les ambulanciers paramédicaux le plus rapidement possible après un appel et à dispenser les médecins pour qu’ils puissent se concentrer sur leurs patients également.
 
Déjà, dans la région administrative de Chaudière-Appalaches, au Bas-Saint-Laurent et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le nouveau processus fait en sorte qu’en cas de mort apparente, les ambulanciers paramédicaux transmettent certaines données par téléphone à une unité de service autorisée à constater le décès à distance. 
 
À moins qu’un coroner ne s’y oppose, le corps est ensuite pris en charge par une maison funéraire, tandis qu’auparavant, les ambulanciers paramédicaux devaient obligatoirement l’amener à l’hôpital, où le personnel d’urgence gérait le décès.

À la morgue

Fini, donc, « le travail de transporteur funéraire » pour les ambulanciers, se félicite Jean-François Saint-Gelais, porte-parole de l’Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Pour lui, il était aussi incohérent de demander aux ambulanciers de transporter les corps qu’il ne le serait d’exiger à un médecin de descendre une victime à la morgue « pendant que des gens sur les étages, en vie, attendent des services ».
 
Pour l’instant, la seule Unité de coordination clinique autorisée à constater des décès à distance se trouve à l’Hôtel-Dieu de Lévis. Les constats de décès en lien avec des accidents survenus dans l’est du Québec y sont effectués. Au ministère de la Santé, la directrice médicale nationale des services préhospitaliers d’urgence, Colette Lachaîne, annonce toutefois qu’une unité semblable doit être mise sur pied pour assurer le même genre de services pour l’ouest du Québec. Les deux prochaines régions à utiliser le protocole devraient être l’Estrie et Québec, où les discussions vont bon train.
 
Tarifs à revoir
 
En vertu du Code civil, les ambulanciers paramédicaux ne peuvent pas constater un décès ; seuls les médecins le peuvent. Quant aux maisons funéraires, elles agiront selon le nouveau protocole en tant que contractantes auprès du Bureau du coroner. « On parle de contrats préétablis. Ça ira plus rapidement », assure la porte-parole Geneviève Guilbeault.
 
À la Corporation des thanatologues du Québec, la directrice générale, Nathalie Samson, souligne que cette nouvelle méthode de travail pourrait influencer la facture des familles endeuillées. « Là, ce sera des tarifs d’entreprises privées, prévient-elle. Ça pourra être moins, ça pourra être plus, mais ce sera différent, ça, c’est sûr. » Au Québec, un transport ambulancier coûte aux usagers 125 $, plus 1,75 $ par kilomètre parcouru.
Mme Samson évoque également des craintes liées à la santé et à la sécurité de ses membres « qui ne sommes pas formés pour ça. » 
 
En vigueur depuis deux ans dans la région administrative de Chaudière-Appalaches, le protocole a été implanté en juin 2011 dans le Bas-Saint-Laurent et en novembre 2012 au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
2 commentaires
  • Raymond Carles - Inscrit 17 décembre 2012 19 h 11

    Vite vite!

    "On parle de contrats préétablis. Ça ira plus rapidement », assure la porte-parole Geneviève Guilbeault."

    Voilà qui résume bien l'intérêt premier de cette mesure…

  • Jimmy Edwards - Inscrit 19 décembre 2012 13 h 47

    On passe la balle à quelqu'un d'autre

    "À moins qu’un coroner ne s’y oppose, le corps est ensuite pris en charge par une maison funéraire, tandis qu’auparavant, les ambulanciers paramédicaux devaient obligatoirement l’amener à l’hôpital, où le personnel d’urgence gérait le décès."

    Que se passera t'il pour les accidents qui auront lieu à 3ham..?
    Les policiers vont rester sur place à surveiller le cadavre pendant que les services funéraires feront leur petit chemin pour arriver au site du décès !?
    Il va leur falloir un service d'urgence 24/24 pour aller chercher des cadavres.
    Pendant que la police va poireauter sur le bord du chemin à les attendre pendant qu'ils ont aussi d'autres chats à fouetter que de surveiller un cadavre.