Une question de priorités

David Levine
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir David Levine

L’ancien p.-d.g. de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, David Levine, estime que la situation financière difficile dans laquelle se retrouve le réseau montréalais de la santé est attribuable en partie aux dépenses liées à l’amélioration des services aux personnes en perte d’autonomie et en santé mentale.


Lundi, Le Devoir faisait état d’un rapport commandé par le sous-ministre de la Santé sur l’allocation des crédits budgétaires de l’Agence. Dans ce rapport déposé en février dernier, Normand Couture, Richard Lefrançois et François Turenne, du Réseau d’expertise en conseil stratégique, soulignaient la vulnérabilité financière de l’Agence. Au moment de la vérification, le déficit de l’Agence s’élevait à 60,6 millions et le déficit structurel atteignait 100 millions.


En entrevue au Devoir, David Levine estime que les dépenses liées à la réorganisation des services destinés aux personnes en perte d’autonomie (PPALV), au plan d’action en santé mentale (PASM) et aux mesures de désengorgement des urgences, totalisant 71,9 millions de dollars, ont grevé les finances de l’Agence, réduisant d’autant sa marge de manoeuvre.


Ces projets font partie des priorités ministérielles et figurent dans les ententes de gestion entre le ministère de la Santé et l’Agence. Pourtant, au moment de la vérification, aucune entente n’avait pu être conclue pour financer ces projets, ce qui avait forcé l’Agence à piger dans ses réserves, explique M. Levine. Le rapport des experts soulignait d’ailleurs l’importance de convenir d’ententes de financement pour ces projets jugés prioritaires.


Loin de voir le rapport de l’équipe de vérification comme une critique quant à sa gestion de l’Agence, David Levine considère au contraire que les experts ont bien cerné les difficultés auxquelles le réseau montréalais est confronté et l’importance d’un financement adéquat du ministère quant aux projets relatifs aux personnes en perte d’autonomie et en santé mentale. « On était très contents du rapport. Le rapport mettait clairement sur papier ce qu’on voulait véhiculer comme message », dit-il.


Les passerelles


Dans leur rapport, les experts recommandaient que l’Agence cesse de recourir aux « passerelles », qui se traduisaient par un coup de pouce financier aux établissements qui peinaient à atteindre leur cible budgétaire. À ce sujet, M. Levine soutient que les plans de redressement prescrits par la loi n’étaient pas requis dans plusieurs cas, puisque si l’Agence accordait une aide ponctuelle à certains établissements, elle retenait le même montant lors de l’octroi des crédits l’année suivante. Certains établissements rencontraient tout de même des difficultés à atteindre leur objectif budgétaire, et dans ces cas, un plan de redressement était réclamé, assure M. Levine.


Quant aux recommandations des experts sur la gouvernance, M. Levine les a accueillies favorablement, estimant que les suggestions visant un suivi mieux documenté et une meilleure communication des informations budgétaires entre les diverses instances étaient appropriées.


M. Levine a quitté ses fonctions en avril et la nouvelle p.d.-g. de l’Agence, Danielle McCann, a indiqué la semaine dernière au Devoir que diverses mesures avaient été mises en place pour se conformer aux recommandations des experts.

1 commentaire
  • Fabien Nadeau - Abonné 5 décembre 2012 07 h 51

    Suivi?

    Cet article n'est pas tout à fait terminé. Il manque les informations à propos des "diverses mesures" mises en place par Mme McCann.

    Je suis déçu.