McGill et l’amiante: une enquête complaisante?

Des militants anti-amiante et des scientifiques qualifient de « biaisé, trompeur et inexact » le rapport de l’Université McGill qui blanchit le professeur John Corbett McDonald, maintenant retraité. L’Université concluait la semaine dernière que, même s’il a bel et bien reçu des fonds de l’industrie de l’amiante, rien n’indique que cela a influencé ses résultats.

Pour la militante Kathleen Ruff, McGill se déshonore en menant une opération de relation publique « et non pas une enquête crédible ». « Je suis choquée qu’en 2012, McGill endosse cette conduite », dénonce cette dernière.


Elle reproche entre autres à l’auteur de l’enquête, le commissaire à l’intégrité de la recherche Abe Fuks, d’avoir écrit que les résultats du professeur McDonald ont été appuyés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la communauté scientifique, et que ses recherches ont participé à la dénonciation de cette industrie. « C’est totalement faux », selon David Egilman, qui le premier, en 2003, a soulevé dans une revue scientifique les liens entre l’industrie et ce chercheur.


« L’Inde, la Russie et d’autres pays continuent de nier la toxicité de l’amiante chrysotile sur la base d’études financées par l’industrie, comme celles du professeur McDonald, lesquelles concluent qu’il est pratiquement inoffensif », écrit le professeur à l’Université de l’Alberta Colin Soskolne dans un communiqué diffusé mardi. « On dit ne pas avoir de preuve qu’il a tenté de cacher ses liens avec l’industrie, alors que nous avons envoyé des documents qui montrent le contraire », s’insurge Kathleen Ruff.

1 commentaire
  • Samuel Rabinovitch - Inscrit 24 octobre 2012 15 h 51

    Vous ne pensez quand même pas que McGill va se mouiller! Elle tient à sa réputation quitte à renoncer à la vérité sur l'amiante maudite.