Le «Doc Mailloux» radié pour cinq ans

Lors de son passage sur le plateau de Tout le monde en parle en septembre 2005, Pierre Mailloux avait affirmé que les études non publiées démontraient que « le quotient intellectuel des Noirs et des Amérindiens était nettement inférieur à 100 ».
Photo: Radio-Canada Lors de son passage sur le plateau de Tout le monde en parle en septembre 2005, Pierre Mailloux avait affirmé que les études non publiées démontraient que « le quotient intellectuel des Noirs et des Amérindiens était nettement inférieur à 100 ».

Le psychiatre Pierre Mailloux vient d’être radié pour cinq ans à la suite des propos qu’il a tenus à l’émission Tout le monde en parle en 2005 au sujet du quotient intellectuel des Noirs. Tout en reconnaissant la sévérité de la sanction, le Conseil de discipline du Collège des médecins espère que cette radiation incitera le « Doc Mailloux » à procéder à une « introspection sérieuse de son comportement ».

Cette sanction s’ajoute aux deux précédentes liées à des doses massives de médicaments prescrites à des patients, portant ainsi à huit le nombre d’années de radiation qui sont imposées au psychiatre.


Lors de son passage sur le plateau de Tout le monde en parle en septembre 2005, M. Mailloux avait affirmé que les études non publiées démontraient que « le quotient intellectuel des Noirs et des Amérindiens était nettement inférieur à 100 ». À la suite de ces déclarations, la Ligue des Noirs du Québec et la Société Saint-Jean-Baptiste avaient déposé une plainte au Collège des médecins.


En 2009 le Conseil de discipline du Collège a reconnu le psychiatre coupable de cinq chefs d’accusation, dont deux en lien avec cette apparition télévisée. Les autres accusations portaient sur des propos jugés « méprisants » tenus par le médecin lors d’une émission radiophonique en 2003 et 2004, sa participation à l’émission Les Bougon en 2006 et ses critiques à l’endroit d’une collègue.


Restait à déterminer les sanctions. Dans sa décision rendue le 16 octobre dernier, le Conseil de discipline dit avoir songé à une radiation permanente en raison du passé disciplinaire du psychiatre et des « risques évidents de récidive ». Le Conseil a finalement rejeté cette option car, souligne-t-il, « il y a lieu de donner une chance à l’intimé de se reprendre en main et de se consacrer à la pratique de la médecine dans le respect de ses obligations déontologiques ».


Pierre Mailloux hérite donc d’une radiation de cinq ans pour chacun des chefs d’accusation, radiations à être purgées concurremment : « Le Conseil est conscient que la sanction imposée est lourde de conséquences, mais l’intimé ne lui a vraiment pas donné le choix. […] Le Conseil souhaite ardemment que cette période de radiation temporaire permette à l’intimé de procéder à une introspection sérieuse de son comportement. »

 

Aucun remords


Joint par Le Devoir, Pierre Mailloux n’éprouve aucun regret au sujet des propos tenus à l’émission Tout le monde en parle. « J’ai dévoilé ce qui est enseigné à la Faculté de psychoéducation de l’Université de Montréal, a-t-il dit. Je vais le faire à chaque fois qu’on va me poser la question. »


Selon lui, la sévérité des sanctions « reflète l’état de panique » du Conseil de discipline à l’égard d’un « impénitent ». Pierre Mailloux s’étonne particulièrement de la radiation de cinq ans que lui a value sa participation à l’émission Les Bougon : « Mon apparition durait 14 secondes ! », dit-il.


Le psychiatre semble peu disposé à se livrer à un exercice d’introspection comme le souhaite le Conseil de discipline. À ce sujet, il cite un passage d’un jugement de la Cour supérieure rendu en juin dernier dans une cause qui l’opposait à la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ) et dans lequel les médecins chargés d’évaluer la tenue des dossiers du psychiatre ont souligné que Pierre Mailloux était « apte à faire de la psychanalyse ». « Un psychanalyste, c’est un maître de l’introspection, commente Pierre Mailloux. Comment puis-je être reconnu apte à faire de la psychanalyse par mes pairs et me faire dire par un conseil de discipline de procéder à une introspection sérieuse de mes comportements ? »


M. Mailloux considère que malgré ses nombreux démêlés avec le Collège des médecins, sa compétence à titre de psychiatre ne peut être mise en doute, et il entend bien contester la décision du Conseil de discipline.

27 commentaires
  • Bernard Poulin - Inscrit 20 octobre 2012 04 h 31

    un pitbull

    Ce gars là c'est un pitbull, plus vous le confrontez et plus il mordera.

  • Reine-Marie Bergeron - Abonnée 20 octobre 2012 07 h 34

    Mépris de la psychanalyse

    En lisant cet article, on pourrait croire qu'un psychiâtre peut être habilité à exercer la psychanalyse s'il est maitre de l'introspection. FAUX. La formation du psychanalyste est longue et rigoureuse commençant par une psychanalyse personnelle de plusieurs années. Ce n'est pas un acquis universitaire ou une spécialité médicale. J'espère que plusieurs psychanalystes s'insurgeront tout autant.
    Reine-Marie Bergeron, psychanalyste membre de l'Association mondiale de psychanalyse (AMP).

  • Ginette Boily - Inscrit 20 octobre 2012 07 h 56

    Le doc. Mailloux est un excellent psychiatre. Sa personnalité n'a rien à voir avec sa compétence. C'est donc sa personnalité que l'on "punit". Cela veut dire que, compétents ou pas, le critère de base pour plaire au Collège des médecins, ce n'est pas la compétence. C'est dommage pour ses patients et pour lui mais on vit dans un monde où ceux qui ont le pouvoir n'ont pas toujours le jugement nécessaire pour l'exercer. Ça donne un monde de fous.

    • Franklin Bernard - Inscrit 22 octobre 2012 00 h 03

      Il vous a traitée pour que vous le jugiez «excellent»?

      Bien sûr que ce n'est pas sur sa compétence que le Collège des Médecins l'a sanctionné, mais bien sur ses propos profondément racistes émis publiquement. La compétence n'a en effet rien à voir là-dedans, et elle ne donne certainement à personne le droit de tenir des propos haineux sur les autres races publiquement.

  • Robert Henri - Inscrit 20 octobre 2012 08 h 00

    Soupirs...

    S'il vous plaît. Soignez le quelqu'un. Le psy est gravemant atteint.

  • Denis Boyer - Inscrit 20 octobre 2012 08 h 23

    Il persiste et signe...

    Le fait qu'il croit dure comme fer dans les balivernes qu'il raconte, épaulé par des études obscures (non publiées... et pour cause!), plaide durement contre lui.

    Il y a trop d'individus brillants de couleur noire et d'individus incroyablement bêtes d'autres couleurs (en particulier des blancs!) pour conclure qu'un lien génétique étroit existe entre la race et le QI. Une autre conclusion est teintée de racisme éhonté et de narcissisme, thème que devrait connaître M. Mailloux puisqu'il en est un grand disciple!

    Ce n'est pas demain la veille qu'un chercheur concluera à l'infériorité intellectuelle de sa race!

    • Guillaume Girard - Inscrit 20 octobre 2012 17 h 02

      Vous dites un peu n'importe quoi, M. Mailloux a cité la même étude qui démontrait que les asiatiques performaient en moyenne mieux que les caucasiens!

      Nier les différences ne fait pas avancer le débat!

      On devrait se poser la question du pourquoi de ces différences statistiquement significatives dans les résultats aux tests de QI et allouer les ressources approprièes s'il est possible d'en changer la tendance!

    • Franklin Bernard - Inscrit 22 octobre 2012 10 h 14

      Vous confondez tout. Affirmer que telle race performe mieux qu'une autre dans certains domaines ne relève pas du racisme. Il peut s'agir d'un phénomène issu du contexte social, économique ou culturel. Mais affirmer que le QI d'un noir ne dépasse pas 100, ça, c'est du racisme, puisque ça classe un élément inné de l'être humain.