Boeuf contaminé - XL Foods s’excuse, mais pas Ottawa


	Le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, s’est fait reprocher de ne pas avoir agi assez rapidement depuis le début le crise d’E. coli, et de ne pas partager les informations qu’il détient.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld
Le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, s’est fait reprocher de ne pas avoir agi assez rapidement depuis le début le crise d’E. coli, et de ne pas partager les informations qu’il détient.

Alors que l’usine XL Foods, à l’origine de la crise d’E. coli qui a suscité le plus important rappel de viande de boeuf au pays, s’est officiellement excusée jeudi, le ministre fédéral de l’Agriculture, lui, a refusé de reconnaître à Ottawa sa part de responsabilité. Plutôt que de parler de son propre rôle, le ministre Gerry Ritz a sans relâche évoqué le travail de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), laquelle a agi « rapidement et de façon responsable », a-t-il martelé.

Talonné sur le sujet depuis une semaine par l’opposition aux Communes, le ministre Ritz a de nouveau fait face à un tir groupé jeudi. Et la pression a monté : le chef néodémocrate a réclamé sa démission.


« Est-ce que le ministre de l’Agriculture est prêt à accepter la responsabilité du système d’autoréglementation d’inspection des aliments qu’il a mis en place ? », a notamment lancé Thomas Mulcair au ministre Ritz.


La même question lui avait en outre été posée à quatre reprises par un journaliste quelques heures plus tôt, lors d’un point de presse organisé à la dernière minute jeudi midi à 10 kilomètres du parlement.


La réponse a été la même à chaque reprise : le ministre a évité de se prononcer sur son propre rôle, évoquant plutôt le travail des inspecteurs et des fonctionnaires de l’ACIA. « Ce sont des décisions basées sur la science, pas des décisions politiques. Mon travail en tant que ministre est de m’assurer que l’ACIA a la capacité d’agir pour répondre à ce genre de situations quand elles se présentent », a affirmé M. Ritz en point de presse. Des propos semblables ont été martelés aux Communes par la suite, le ministre réitérant que son gouvernement s’assure continuellement que l’agence a les ressources nécessaires pour faire son travail.


Depuis l’éclosion de la crise d’E. coli à l’usine XL Foods d’Alberta, le ministre s’est fait reprocher de ne pas avoir agi ou partagé avec le public les informations qu’il détenait assez rapidement. Les premières traces d’E. coli ont été détectées le 4 septembre. L’ACIA a diffusé ses premiers avertissements le 16. L’usine XL Foods a été fermée le 27 septembre.


« Nous avons agi aussi rapidement et efficacement que possible », a répliqué M. Ritz à ses détracteurs.


Le ministre savait, affirme l’opposition


Mais l’opposition n’est pas satisfaite de ces explications. Néodémocrates et libéraux sont convaincus que le ministre connaissait les manquements d’XL Foods aux mesures de salubrité exigées par l’ACIA. Et ils l’accusent de ne pas être intervenu pour corriger le tir plus tôt.


« Le problème pour le ministre, c’est qu’il était au courant et informé chaque jour des actions de l’agence et il me semble qu’il doit partager la responsabilité des délais qu’on voit », a dénoncé le chef libéral par intérim, Bob Rae. S’il s’est abstenu de réclamer la tête du ministre, comme M. Mulcair, il a néanmoins demandé comment le ministre pouvait toujours « compter sur la confiance des Canadiens ».


L’usine XL Foods a quant à elle reconnu sa responsabilité, dans ses premiers commentaires depuis le début de cette crise en septembre. « Nous assumons l’entière responsabilité pour les opérations de notre usine et les aliments qu’elle produit, lesquels sont consommés par des Canadiens d’un océan à l’autre », a indiqué la compagnie dans un communiqué repris par CTV.


La compagnie dit avoir cru que ses procédures de sécurité étaient suffisantes, mais que cela s’était révélé erroné. XL Foods entend améliorer son système en y ajoutant de la surveillance vidéo et de meilleures méthodes de nettoyage, le tout en collaboration étroite avec des inspecteurs fédéraux.


L’ACIA a de son côté ajouté une douzaine d’autres produits aux quelque 1500 faisant déjà l’objet d’un rappel pour une possible contamination. L’agence fédérale précise que le rappel pourrait s’élargir encore. L’Agence de la santé publique ne fait quant à elle toujours état que de quatre cas confirmés d’E. coli liés aux produits de l’usine albertaine.


***
 

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo