Québec réduirait le nombre d’agences de la santé

Le ministre ne souhaite pas la disparition des agences de la santé, mais, selon lui, celles-ci sont trop nombreuses. « On en a beaucoup. On en a plus que le nombre de régions administratives, et j’ai demandé au ministère de réfléchir sur le nombre d’agences. J’ai déjà des propositions. Je vais les examiner au cours des prochaines semaines », a-t-il expliqué mercredi, à son arrivée au Conseil des ministres.


Cette opération viserait avant tout à rendre le système plus efficace, car les économies seront limitées, a-t-il indiqué. « Ça pourrait vouloir dire des économies, mais il faut bien réaliser que l’ensemble des structures régionales nous coûte 100 millions sur un budget de 30 milliards. Ce n’est pas là qu’on va trouver le Pérou. »


Le rôle des agences de la santé doit aussi être revu afin d’éliminer les dédoublements entre les différents paliers de gouvernance, estime le ministre. Un comité piloté par le ministère planche déjà sur le dossier, mais Réjean Hébert veut que les travaux soient accélérés.

 

Pas de compressions


Malgré l’abolition de la taxe santé, pas question d’imposer des compressions au réseau de la santé, avertit le ministre. « On a fait notre part au chapitre de l’optimisation dans le réseau. On est pris avec des contraintes, les ententes négociées avec les médecins et l’augmentation du coût des médicaments. Il y a des choses qui sont incompressibles. »


De son côté, l’ex-ministre de la Santé, le libéral Yves Bolduc, croit que le regroupement de certaines agences de la santé pourrait être envisagé, notamment celles des Laurentides, de Laval et de Lanaudière. « La majorité des agences doivent rester autonomes, a-t-il souligné. Mais on va attendre de voir les propositions. »


Les propos du ministre Hébert ont encouragé la directrice générale de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis. « Ça fait des années qu’on dit qu’il faut revoir les responsabilités entre le ministère, les agences et les établissements […] et simplifier les structures pour laisser de l’oxygène aux établissements. Je comprends que le ministre est prêt à peser sur l’accélérateur et je pense que c’est bien. » Quant à une éventuelle réduction du nombre d’agences, « il est peut-être temps de se reposer la question », a-t-elle commenté.

 

Avec Robert Dutrisac

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