Soins préhospitaliers d'urgence - Legault veut uniformiser les services au Québec

Le ministre de la Santé, François Legault, veut offrir de meilleurs services préhospitaliers d'urgence partout au Québec. Proposant une réforme de ces services en déposant un projet de loi hier à l'Assemblée nationale, M. Legault a confirmé la nouvelle du Devoir d'hier voulant que les responsabilités seraient revues en partant des régies régionales jusqu'aux ambulanciers. Mais pour accélérer les services, M. Legault mise sur les premiers répondants.

«Le but visé est très simple, c'est qu'on ait moins de décès et moins de problèmes causés par les délais d'attente pour les ambulances», a-t-il déclaré lors d'un point de presse avant d'ajouter que «le service est assez disparate d'une région à l'autre. On veut que ce soit plus uniforme au Québec».


Seulement 10 % des municipalités au Québec peuvent compter sur des premiers répondants. Ce n'est pas suffisant, convient le ministre Legault avec le rapport Dicaire, qui concluait les travaux du Comité national sur les révisions des services préhospitaliers d'urgence en 2000. Québec s'assurera que les premiers répondants reçoivent une formation de 60 heures, soit trois fois plus longue que celle des simples secouristes.


Le gouvernement investit cette année 4,7 millions en services de premiers répondants et prévoit qu'après négociations avec les municipalités, ce montant récurrent s'élèvera à 35 millions.


«On est en négociations avec les municipalités pour le partage de ces coûts», a reconnu le ministre de la Santé.


Ces négociations sont cependant loin d'être terminées puisque les municipalités souhaitent que les services de premiers répondants soient à coûts nuls pour leur propre budget. En outre, la répartition des enveloppes budgétaires entre les régions sera loin d'être aisée en cette ère postfusions.


La réforme Legault renforcera également la formation des ambulanciers. La responsabilité de tout un chacun dans la chaîne d'intervention sera revue et corrigée, des régies régionales jusqu'aux ambulanciers en passant par les centres de communication santé et les compagnies ambulancières.


«On veut mieux définir les rôles et les responsabilités de chacun des acteurs, a dit le ministre Legault. [...] On veut avoir une ligne d'imputabilité où tous les acteurs sont responsables et où on peut savoir qui est responsable.»


Les régies régionales seront les ultimes responsables de ce réseau préhospitalier d'urgence partout au Québec, sauf à Montréal et à Laval, où Urgences-Santé conserve son rôle. Il y aura par ailleurs huit centres de communication santé répartis sur le territoire, hors Montréal et Laval, pour gérer les appels d'urgence faits au 911 et assurer une meilleure répartition des appels et du travail à effectuer.