Sondage - Trois Québécois sur quatre favorables à l’aide médicale à mourir

Dans le sillage du rapport de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, un sondage commandé par l’Association québécoise des retraités(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) indique que 78 % des Québécois appuient le recours à l’aide médicale à mourir dans les cas exceptionnels et non suicidaires.


Selon Michel Santerre, porte-parole de l’AQRP, « le sondage signifie que, dans certains cas, les Québécois appuient l’aide médicale à mourir, mais à condition que cela soit non suicidaire ».


L’expression « aide médicale à mourir » a été proposée par la commission parlementaire pour comprendre l’euthanasie au sein d’un continuum de soins de fin de vie. La commission parlementaire a établi plusieurs critères devant être satisfaits pour qu’une personne puisse se prévaloir de cette « aide médicale à mourir ». Notamment, la personne doit être « majeure et apte à consentir aux soins ; [s’exprimer] elle-même, à la suite d’une prise de décision libre et éclairée [être] atteinte d’une maladie grave et incurable ; [éprouver] des souffrances physiques ou psychologiques constantes, insupportables et qui ne peuvent être apaisées dans des conditions qu’elle juge tolérables […]. »


Dans le cas du présent sondage, l’expression « aide médicale à mourir » n’a toutefois pas été définie ainsi auprès des répondants. « On se fie au jugement des gens », indique M. Santerre.


Rappelons que cette expression a été critiquée par le Réseau de soins palliatifs du Québec, parce qu’elle « peut laisser entendre que toute intervention médicale à la fin de la vie qui contribuerait à améliorer la qualité de vie des derniers jours [aide à mieux mourir] pourrait être considérée comme de l’euthanasie ».


Un comité de juristes experts, présidé par Me Jean-Pierre Ménard, a d’ailleurs été mis sur pied en juin dernier pour élucider les implications légales de l’aide médicale à mourir.


L’appui à l’« aide médicale à mourir » varie selon toutes les catégories sociodémographiques. Par exemple, l’appui est plus fréquent chez les universitaires (83 %), les francophones (80 %), et les gens ayant un revenu annuel de plus de 75 000 $. À l’inverse, cet appui chute à 51 % chez les répondants âgés de plus de 75 ans. Fait à noter, toutefois, comme le souligne M. Santerre, la marge d’erreur pour ces derniers résultats est nettement plus grande que pour le résultat global du sondage, puisque l’échantillon est moindre.


Le sondage a été réalisé auprès de 1000 Québécois par la firme L’Observateur et présente une marge d’erreur de 3,2 %, 19 fois sur 20.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 11 juillet 2012 16 h 25

    Ouverture demandée au RQSP

    Que plus de 3 personnes sur quatre soient en faveur de l'aide médicale active à mourir, pas de surprise. Il en est ainsi depuis plus de quinze ans au Québec et même à travers le Canada. Il en est de plus de 90% en France, actuellement. Quand la population est sondée, elle comprend très bien de quoi il s’agit.

    La Commission a fait valoir, à raison, qu'il n'y a pas d'opposition entre les soins palliatifs et l'aide médicale à mourir; ils ne s'opposent pas, mais ils sont complémentaires. Il est à espérer que le Réseau québécois des soins palliatifs ait l’humilité et l’ouverture suffisantes pour s’ouvrir à chaque personne en fin de vie, la respectant dans ses valeurs profondes et dans sa liberté ultime.

    Il serait temps que la Politique québécoise sur les soins palliatifs de fin de vie (2006) soit revue à la lumière du Rapport de la CSSS/QMDignité. Le MSSS devrait lui donner le titre suivant : Politique québécoise sur la personne en fin de vie : ses valeurs, ses choix, nos soins et notre accompagnement.

    Nous centrer sur les soins et les soignants, c’est bien. Ce qui est tellement et beaucoup mieux : nous centrer sur chaque personne en fin de vie pour lui offrir des soins personnalisés et appropriés.

    Parlant sondage, il serait intéressant qu’il y en ait un auprès des personnes œuvrant en soins palliatifs … Petite confidence : ayant participé aux congrès du Réseau, certains m’ont exprimé leur accord à l’aide médicale à mourir, si librement demandée et si nécessaire, si bien balisée et si contrôlée.

    www.yvonbureau.com