Santé - Les jeunes renouent avec la médecine familiale


	
		La médecine familiale enrichira ses rangs puisqu’elle a constaté un regain d’intérêt chez les futurs médecins, un soulagement pour les patients. Par exemple, la totalité des 84 postes offerts en médecine de famille à l’Université McGill a trouvé preneur dès le premier tour cette année.
Photo: Agence Reuters Phil McCarten
La médecine familiale enrichira ses rangs puisqu’elle a constaté un regain d’intérêt chez les futurs médecins, un soulagement pour les patients. Par exemple, la totalité des 84 postes offerts en médecine de famille à l’Université McGill a trouvé preneur dès le premier tour cette année.
L'an dernier, 54 postes de résidence en médecine familiale étaient restés vacants.

« On a l'impression de renverser la tendance ! » s'exclame le Dr Louis Godin. Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ne cache pas son soulagement d'enfin récolter le fruit des nombreux efforts consentis pour promouvoir la médecine familiale, alors qu'année après année, les résultats décevaient.

À l'Université McGill, la totalité des 84 postes offerts en médecine de famille a même trouvé preneur dès le premier tour.

Une bonne année


À l'Université de Sherbrooke, même si quelques postes sont libres, c'est « une bonne année », dit la directrice adjointe du programme de résidence en médecine de famille, la Dre Marie-Claude Beaulieu. Elle se réjouit qu'à Rouyn-Noranda, par exemple, les quatre postes disponibles aient été pourvus très rapidement. « On travaille fort pour valoriser la médecine familiale, ça commence à faire son chemin, observe-t-elle. Il y a de plus en plus d'intérêt ! On entend moins dire qu'être médecin de famille, c'est du talent perdu. » Elle estime que le fossé salarial de moins en moins profond avec les collègues spécialistes contribue également à valoriser la pratique chez les étudiants, tout comme les groupes de médecine familiale, qui poussent comme des champignons, et avec eux la promesse de travailler en équipe.

« Le vent tourne, je crois que les efforts des trois dernières années donnent des résultats », se réjouit la Dre Louise Authier, la directrice du programme de médecine familiale à l'Université de Montréal. Après que ses 92 postes disponibles dans la métropole eurent trouvé preneur dès le premier tour, l'établissement a même dû faire des pieds et des mains pour trouver quelques places supplémentaires pour des étudiants déçus. Seulement 7 des 130 postes offerts par l'Université de Montréal, en région, sont vacants.

Une si bonne année que l'étudiante en médecine Isabelle Ouimet a même craint de rester sur le carreau. Effectuant un changement de programme — elle a décidé d'abandonner sa résidence en pédiatrie au profit de la médecine de famille, qui l'a séduite — elle n'a su qu'à la toute fin du processus de jumelage qu'on lui avait trouvé une place dans la grande région de Montréal. Soulagement ! Elle confie qu'elle a été bien surprise, ne s'attendant pas du tout à vivre cette angoisse alors qu'on parle de la pénurie d'omnipraticiens sur toutes les tribunes.

Par ailleurs, 55 médecins diplômés à l'étranger accèdent à la résidence, soit 8 de plus que l'an dernier. Reste qu'à l'échelle canadienne, ils sont toujours des centaines à attendre de pouvoir exercer leur métier ici.

Cet engouement renouvelé devrait aider le ministre de la Santé, Yves Bolduc, à atteindre son objectif. Il souhaite que d'ici peu, on ouvre autant de postes de résidents en médecine de famille qu'en spécialité. « Certaines spécialités sont saturées, a-t-il déclaré lors de l'étude des crédits de son ministère à Québec, la semaine dernière. On va diminuer le nombre d'admissions [dans certaines spécialités] pour les augmenter dans d'autres, et il va y avoir aussi un déplacement de la spécialité vers la médecine de famille pour atteindre 50/50 sur trois à cinq ans », a-t-il promis. Cette année, 45 % des postes étaient réservés aux futurs omnipraticiens.

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