Périnatalité et petite enfance - Les Québécoises moins bien nanties en soins

Québec — Le Commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, constate que les femmes enceintes sont sans doute moins bien suivies au Québec que dans le reste du Canada et que l'information fournie aux nouveaux parents est déficiente.

Dans son dernier rapport rendu public hier et intitulé Pour une vision à long terme en périnatalité et en petite enfance, Robert Salois juge que «le Québec éprouve des difficultés à fournir, en temps importun, les soins et les services les plus appropriés aux parents, futurs parents et tout-petits».

Plus du tiers des femmes enceintes ne consultent pas un médecin ou même une infirmière dans le premier trimestre de leur grossesse alors que la norme définie par les experts l'impose.

M. Salois a indiqué que le fait que quelque 25 % des Québécois n'ont pas accès à un médecin de famille explique cette situation. «Il nous faut mieux informer et soutenir tous les parents dès les premières semaines de grossesse. Les femmes enceintes et les bébés n'ont pas le temps d'attendre; les incidences sur la croissance et le développement des tout-petits sont trop grandes», juge le commissaire.

M. Salois trouve également préoccupant que seulement 68 % des nouveau-nés bénéficient de visites postnatales à domicile alors que la durée du séjour hospitalier après accouchement a été considérablement réduite.

Sous certains rapports, le Québec fait mieux que les autres provinces. Par exemple, le taux de mortalité infantile y est parmi les plus bas au Canada. Mais d'une manière générale, la performance globale du réseau québécois de la santé demeure sous la moyenne canadienne en dépit des améliorations.

Pour ce qui est des maisons de naissance, le commissaire note que le gouvernement ne respecte pas ses engagements. En 2010, les sages-femmes se chargeaient de 2 % des accouchements, une proportion qui doit augmenter à 5 % en 2012. De 2008 à 2018, 13 nouvelles maisons de naissance doivent ouvrir leurs portes, selon les plans du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. Or, depuis 2008, deux projets seulement ont été annoncés et aucune maison n'a été inaugurée.

Centres ambulatoires

Le commissaire recommande que les femmes enceintes soient suivies en priorité par les médecins de famille en misant sur le recours aux infirmières. Il propose aussi que dans chaque territoire de centres de santé et de services sociaux (CSSS) soient créées des cliniques pour nourrissons sans rendez-vous.

Chaque région devrait également compter un «centre ambulatoire mère-enfant» où seraient regroupés tous les services de deuxième ligne en périnatalité ou destinés à la petite enfance.

En matière d'information, le commissaire recommande de mettre en place des cours «postnataux» et de lancer un site Web contenant toute l'information pertinente qui est dispersée à l'heure actuelle.

Yves Bolduc a bien accueilli le rapport hier, en relevant surtout ses aspects positifs. «Il y a des points à améliorer, a-t-il toutefois convenu. Ce qu'on veut, c'est l'accès au service.» L'apport d'infirmières cliniciennes sera privilégié, a mentionné le ministre.
2 commentaires
  • basque - Inscrit 24 février 2012 11 h 07

    Périnatalité :suivi déficient

    La semaine derniére ,j'écrivais dans vos colonnes que le Canada était un pays qui en matiére de Santé,devenait un pays sous -developpé et que cela était un scandale pour un pays neuf...Aujourd'hui l'article ci-dessus ne fait qu'augmenter un triste état des faits . A quand une réaction positive de nos hommes politiques en matiére de Santé?

  • camelot - Inscrit 24 février 2012 12 h 00

    Conception erronnée

    Accoucher n'est pas une maladie. La présence de médecins dans le décor est très récente et attribuable à l'intervention de ceux-ci dans la procréation assistée. Certes, une maman doit être rassurée au besoin et on doit aussi prévoir régler tout problème à l'accouchement s'il s'en présente un. Il y a une grande nuance.