Compteurs intelligents - Hydro-Québec se fait rassurante

La première phase d’implantation des compteurs intelligents d’Hydro-Québec, annoncée en mai dernier par Isabelle Courville, est maintenant terminée. Le déploiement sur l’ensemble du Québec s’amorcera après les consultations publiques, cet hiver, devant la Régie de l’Énergie.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première phase d’implantation des compteurs intelligents d’Hydro-Québec, annoncée en mai dernier par Isabelle Courville, est maintenant terminée. Le déploiement sur l’ensemble du Québec s’amorcera après les consultations publiques, cet hiver, devant la Régie de l’Énergie.

Le déploiement des compteurs intelligents dans le cadre du projet-pilote dans Villeray, Memphrémagog et Boucherville est terminé. Tout en annonçant qu'elle passait maintenant à l'étape suivante, Hydro-Québec a tenté de calmer les inquiétudes de la population.

«Je suis consciente que ça suscite des questions sur les émissions de radiofréquence», a concédé la présidente d'Hydro-Québec Distribution, Isabelle Courville, en conférence de presse hier. «Je tiens à rassurer tous nos clients: ces radiofréquences sont cent mille fois inférieures aux normes de Santé Canada», a-t-elle ajouté.

En 2012, 400 000 compteurs supplémentaires doivent être installés. Quelques dizaines de clients, sur les 20 000 personnes testant les compteurs installés dans trois régions, se sont montrés préoccupés. Onze ont finalement refusé de laisser la société d'État les installer. Un souhait qu'Hydro respecte... pour l'instant. Se verront-ils obligés d'obtempérer dans un proche avenir? «Il ne s'en fabrique plus, des compteurs d'ancienne génération», répond George Abiad, chargé du projet à Hydro-Québec. De plus, «une réflexion est en marche», dit-il simplement à propos de la manière dont seront gérés ces refus.

Lors d'une séance d'information technique précédant la conférence de presse, les experts d'Hydro-Québec ont souligné aux journalistes que les compteurs émettent, en moyenne, moins qu'un four à micro-ondes, un cellulaire ou une connexion wi-fi. En plus de transmettre les données six fois par jour, ils se connectent au réseau environ une fois par minute. Pendant ces quelque 1500 connexions de 0,06 seconde par jour, la force de l'onde atteint toutefois environ cinq fois celle d'un micro-ondes, le tout pendant un total de 90 secondes par jour. Cela est toujours nettement en deçà de la norme de Santé Canada, mais c'est au moins 10 à 100 fois plus puissant qu'un cellulaire, pendant un très bref instant.

Études à long terme

Aucune étude à long terme n'a cerné les effets de fréquences provenant de compteurs électriques, dit Michel Plante, responsable de la santé du public à la Direction de la santé et de la sécurité d'Hydro-Québec. Il renvoie la population aux études épidémiologiques menées auprès des utilisateurs de cellulaires. Elles n'ont toujours pas déterminé avec certitude si ces derniers pourraient, par exemple, augmenter les risques de certains cancers, dit-il, et «que ça ne semble pas le cas».

La semaine dernière, plusieurs groupes environnementaux et sociaux ont demandé à Québec de stopper le projet tant qu'il ne sera pas démontré que les compteurs émettent six fois par jour seulement. Une technologie plus sécuritaire pour la santé et moins invasive pour la vie privée aurait pu être retenue, soulignent ces groupes, dont fait partie l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique. La Coalition québécoise de lutte contre la pollution électromagnétique fait également circuler une pétition.

Hydro-Québec défendra son projet lors de consultations publiques devant la Régie de l'Énergie cet hiver, après quoi la phase de déploiement sur l'ensemble du Québec s'amorcera.

***

Des radiofréquences hautement variables

Force de diverses sources d'émissions de radiofréquences selon Hydro-Québec, en
microwatt par mètre carré

Norme de Santé Canada
6 000 000 (ou 6 watts par mètre carré)

Four micro-ondes
10 200

À 1 mètre d'un cellulaire en marche
500 à 5000

À 7 à 8 mètres d'un routeur wi-fi
1000

Niveau ambiant, maison unifamiliale
130

À un mètre d'un nouveau compteur
Moyenne: 50

Au moment de l'émission de 0,06 seconde
50 000

Source: Hydro-Québec
29 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 24 janvier 2012 03 h 41

    Principe de précaution ou sens commun

    Plusieurs invoquent le principe de précaution pour refuser les nouveaux compteurs dits intelligents ( quel terme détestable! ) d'Hydro-Québec.
    Le problème, c'est qu'il est impossible de démontrer de façon absolue que les ondes électromagnétiques ne sont pas nuisible pour la santé.
    Il en est de même pour le café. Malgré des dizaines de recherches sur plus de trente ans sur ce produit, on a été incapable d'en démontrer des effets néfastes à long terme. Il faut noter que certains scientifiques font carrière sur de telles recherches. Ils prennent bien soin de dire que ça leur prend de nouveaux fonds pour effectuer des études plus approfondies et ne diront jamais que ces produits sont inoffensifs.

    Il en est de même pour les rayonnements électromagnétiques. Il se trouvera toujours des chercheurs pour dire qu'il faut étudier davantage leurs effets sur la santé. Le sens commun me dit que, si en plus de cinquante ans on n'a pas réussi à démontrer un effet nuisible de ces rayonnements, j'en conclus que cet effet doit être tellement minime que ça ne vaut pas la peine de s'en préoccuper.

    André Chevalier,
    Chute-Saint-Philippe

  • Jean Desjardins - Inscrit 24 janvier 2012 08 h 53

    La terre est ronde, parbleu...

    En 2012, paraît-il qu'il existe un pourcentage de personnes qui croient encore que la terre est plate. Qui croient dur comme fer que le concept d'une terre ronde est une méchante manipulation des autorités. La preuve: l'horizon se présente comme une belle ligne droite... Et toc ! ... Alors, pas surprenant que certains citoyens qui carburent à la résistance à tout changement crient à la manipulation dans le cas des compteurs intelligents du projet d'Hydro-Québec.

    Quand aux syndicats, crier au loup est bien commode. Il s'agit tout simplement de protéger des jobs devenues inutiles et... des cotisations syndicales !

    Ne nous trompons pas en ce qui a trait à ce projet d'évolution on ne peut plus utile et justifié pour une société ...à peu près normale. Une fois de plus, des prophètes de malheur se mobiliseront pour clamer haut et fort: "Il est urgent d'attendre !"

    Du bonbon pour les médias...

    Jean Desjardins
    Laval (...)

  • Jean Desjardins - Inscrit 24 janvier 2012 09 h 00

    La terre est ronde, parbleu... (prise #2)

    En 2012, paraît-il qu'il existe un certain pourcentage de personnes qui croient encore que la terre est plate. Qui croient dur comme fer que le concept d'une terre ronde est une méchante manipulation des autorités. La preuve: l'horizon se présente comme une belle ligne droite... Et toc ! ... Alors, pas surprenant que certains citoyens qui carburent à la résistance à tout changement crient à la manipulation dans le cas des compteurs intelligents du projet d'Hydro-Québec.

    Quand aux syndicats, crier au loup est bien commode. Il s'agit tout simplement de protéger des jobs devenues inutiles et... des cotisations syndicales !

    Ne nous trompons pas en ce qui a trait à ce projet d'évolution on ne peut plus utile et justifié pour une société ...à peu près normale. Une fois de plus, des prophètes de malheur se mobiliseront pour clamer haut et fort: "Il est urgent d'attendre !"

    Du bonbon pour les médias...

    Jean Desjardins
    Laval (...)

  • Roberpierre Monnier - Abonné 24 janvier 2012 09 h 33

    A l'invisible nul n'est tenu... à l'impossible non plus.

    Dans ma pratique d'architecte «vert et éco-responsable», je remarque que tout ce qui est invisible, incolore, inodore, impalpable par la population générale devient suspect par défaut.
    Si elle provient d'un phénomène naturel, des champs magnétiques, des aurores boréales et des éruptions volcaniques de la terre, du rayonnement en provenance du soleil, même les plus craintifs les accueillent, souvent même avec enthousiasme en font presque des «religions» cependant lorsque ces radiations sont créées par l'homme, alors tout bascule et les pires scénarios deviennent la norme.

    Des caméras à l'infra-rouge peuvent détecter des pertes de chaleur, et on peut rendre ces images si contrastées qu'on pourrait croire à un incendie pour impressionner un client frileux ou un juge dubitatif.

    Des détecteurs de champs électromagnétiques ont les mêmes propriétés et capacités et peuvent impressionner tout autant jusqu'à les rendre effrayantes....

    Etre soi-même un détecteur professionnel de ces micro-ondes, les rendre visibles, et présumer à priori de ses effets nocifs, cancérigènes voir mortels, tout en proposant ses propres services professionnels rémunérés pour les localiser et les neutraliser, relève d'un manque d'éthique et nous renvoie directement au conflit d'intérêt pur et simple.

    Les plus fragilisés, les hypersensibles et les moins informés (il y en a beaucoup) de nos concitoyens deviennent vite des cibles très courus par ces détecteurs et réparateurs de toutes ces «vilaines ondes».

    Hubert Reeves (il m'en excusera), disait récemment qu'il faut savoir dissocier entre croyances religieuses, transcendantales et le mystérieux qui ont pour adeptes les «croyants», de la science qui ne prétend rien d'autre que d'informer des faits établis ou à établir. La science n'est pas une question de foi ni de croyance.
    Si on pouvait seulement s'en tenir à ça, j'aurais dans ma pratique des clients beaucoup moins inquiets de ce qu'ils

  • Jean Richard - Abonné 24 janvier 2012 09 h 34

    Le rayonnement : un faux problème

    Des programmes de remplacement des compteurs électromécaniques par des compteurs communicants (ou intelligents - je n'aime pas trop l'expression mais il faudra s'y faire) existe depuis déjà un certain temps en Europe, et certaines règles sont fixées par l'Europe à ses pays membres. Le but officiel de l'exercice : L'ÉCONOMIE D'ÉNERGIE.

    Le programme de remplacement d'Hydro-Québec, contrairement à ce qui se passe outre-mer, ne lui est dicté par aucune autorité d'état. Et contrairement à ce qui se passe en Europe, le but de l'exercice chez Hydro-Québec n'est pas l'économie d'énergie, mais L'ÉCONOMIE DE MAIN-D'ŒUVRE.

    L'installation de compteurs communicants permet une meilleure gestion de la demande d'énergie. Et il semblerait que des tarifs différenciés selon l'heure du jour aient une influence positive sur les habitudes de consommation des gens de même que sur leurs choix en matière de technologie de gestion à l'intérieur des foyers (par exemple, le chauffe-eau ou encore le chauffage de la cuisine sera automatiquement coupé quand la cuisinière fonctionne à plein régime pour la préparation des repas - donc, madame évitera de prendre sa douche au moment-même ou monsieur prépare le souper - ou vice-versa).

    Les compteurs communicants ont aussi permis aux abonnés de jouir de services additionnels, comme la consultation de la consommation récente sur le web, la détection plus rapide des pannes très locales, les alertes à la consommation excessive, la détection plus facile de vol d'électricité (des branchements clandestins, ça existe).

    Rien de tout ça n'est prévu à court ou à moyen terme chez Hydro-Québec. Tout ce qu'on veut, c'est se débarrasser de quelques centaines d'employés (les lecteurs de compteurs) et du parc automobile utilisé pour la relève. Pas étonnant dans ce cas que la société d'état se retrouve avec son syndicat et des campagnes de peur dans les jambes.