Visites à l'urgence: les aînés des CHSLD sont plus à risque de contracter une infection

Les aînés hébergés en CHSLD qui visitent simplement l’urgence sont trois fois plus à risque de souffrir d’une infection respiratoire ou gastro-intestinale la semaine suivante.
Photo: - Le Devoir Les aînés hébergés en CHSLD qui visitent simplement l’urgence sont trois fois plus à risque de souffrir d’une infection respiratoire ou gastro-intestinale la semaine suivante.

Pas besoin d’être admis pour attraper une infection à l’hôpital: les aînés hébergés en CHSLD qui visitent simplement l’urgence sont trois fois plus à risque de souffrir d’une infection respiratoire ou gastro-intestinale la semaine suivante.

Cela préoccupe d’autant plus la Dre Caroline Quach que les personnes âgées peuvent développer des complications et même décéder après une grippe ou une gastro. Elle publie cette étude aujourd’hui dans le Journal de l’Association médicale canadienne.

Avec plusieurs collègues, la Dre Quach a suivi 1269 résidents de plus de 65 ans de 22 CHSLD québécois et ontariens. Entre septembre et mai 2008, 424 d’entre eux ont visité l’urgence d’un hôpital et ont regagné leur CHSLD ensuite, sans être admis. Ces quelques heures ont suffi pour que plusieurs d’entre eux reviennent avec un désagréable souvenir: une grippe, un rhume, une gastro... Ils sont en fait trois fois plus à risque que leurs voisins de chambre qui ont évité l’urgence.

«On s’attendait à trouver un risque, mais pas aussi élevé», dit la Dre Quach. Cette dernière, pédiatre, avait réalisé une étude similaire chez les enfants passés par l’urgence, mais n’avait identifié aucun risque accru d’infection chez eux. «Les enfants vont à la garderie, à l’école, ils ont bien d’autres façons qu’une visite à l’urgence d’attraper un virus», explique-t-elle. Mais les aînés hébergés en CHSLD «sont plutôt protégés du monde extérieur». C’est pourquoi celle qui s’intéresse d’ordinaire aux moins de 18 ans a tourné les yeux vers les 65 ans et plus. Elle s’est entourée de collègues qui connaissent bien cette population, comme Marc Dionne de l’INSPQ et l’infirmière Édith Lévesque, du CSSS de Rivière-du-Loup.

Dommage de consulter pour une chute, des douleurs cardiovasculaires ou une infection urinaire et de rentrer chez soi avec des virus attrapés à l’hôpital. Pour la Dre Quach, ses conclusions pourraient avoir des conséquences sur deux fronts: la prévention des infections à l’urgence et l’instauration de précautions supplémentaires en CHSLD quand un résident revient d’une visite à l’urgence.

À l’urgence, «il y a de petits rideaux entre les patients, c’est dur à laver et ce n’est pas idéal, dit-elle. Dans les nouveaux hôpitaux (comme le CUSM, en construction), en théorie, il n’y aura plus personne dans les corridors. Ça devrait aider».

Aussi, au retour en CHSLD, on pourrait penser à servir les repas dans la chambre pour limiter la transmission des virus et surveiller plus étroitement l’apparition de symptômes.
On savait déjà que 10 % des patients hospitalisés contractent une infection nosocomiale.

Ces données devraient alimenter la réflexion de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui prépare de nouvelles recommandations pour la prévention des infections dans les urgences.

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