Des hôpitaux se disent débordés par des cas non urgents

Les salles d’urgence de deux hôpitaux montréalais spécialisés en soins infantiles débordent ces derniers jours en raison de consultations jugées «non urgentes» par les autorités.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les salles d’urgence de deux hôpitaux montréalais spécialisés en soins infantiles débordent ces derniers jours en raison de consultations jugées «non urgentes» par les autorités.

Les urgences des deux hôpitaux spécialisés pour enfants de Montréal se disent débordées par des cas non urgents d'enfants qui ont de simples gastroentérites ou des grippes.

Au cours d'une rencontre avec la presse hier, les deux chefs des urgences du CHU Sainte-Justine et de l'Hôpital de Montréal pour enfants ont dit estimer à environ 240 le nombre d'enfants que leurs urgences reçoivent ensemble chaque jour, ces temps-ci, alors qu'elles ont les ressources pour en recevoir 180.

Le docteur Benoît Bailey, du CHU Sainte-Justine, a souligné qu'environ 50 à 60 % des cas que son urgence traite sont de catégorie 4 ou 5, c'est-à-dire des cas non urgents. Et seulement 20 à 30 % des cas seraient de véritables cas d'urgences pédiatriques.

«Les ressources médicales et infirmières sont évidemment poussées à la limite quand il y a beaucoup de patients qui viennent. On veut s'assurer justement que les patients qui viennent et qui ne doivent pas être vus ici s'attendent à attendre, si la situation ne mérite pas d'être vue rapidement», a prévenu le docteur Bailey.

Le docteur Bailey et son collègue Harley Eisman, de l'Hôpital de Montréal pour enfants, ont invité les parents à consulter plutôt les cliniques privées sans rendez-vous ou Info-Santé, par exemple.

Sainte-Justine a aussi apporté sa contribution. «On comprend évidemment l'inquiétude des parents et c'est pourquoi, entre autres sur notre site Web de l'hôpital Sainte-Justine, on a mis plusieurs guides pour essayer d'aider les parents à mieux gérer des situations communes, comme quand les enfants font de la fièvre, quand les enfants ont des symptômes [de problèmes aux] voies respiratoires et également quand ils ont des symptômes de gastroentérite», a indiqué le docteur Bailey.

Les médecins ont rappelé que les parents attendront moins longtemps avec un enfant malade dans des cliniques privées que dans leurs hôpitaux. «Les enfants qui ont besoin de soins urgents [niveaux 1, 2 et 3] sont traités en priorité. Par contre, tout patient qui se présente à l'urgence avec un rhume, une grippe ou une gastroentérite doit prévoir attendre plusieurs heures avant de voir un professionnel de la santé», ont-ils prévenu.

Les docteurs Bailey et Eisman ont aussi rappelé que les symptômes grippaux bénins, la gastroentérite et la fièvre, qui dure généralement de trois à cinq jours, doivent être soignés à la maison. Il est conseillé de déshabiller l'enfant, de lui donner de l'acétaminophène pour enfants et de ne pas le frictionner avec de l'alcool.

L'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal de même que les Centres de la santé et des services sociaux ont diffusé une liste des cliniques ouvertes durant le temps des Fêtes, qui est parue dans plusieurs hebdomadaires locaux. Il est aussi possible d'obtenir des informations à ce sujet sur le site santemontreal.qc.ca.
6 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 21 décembre 2011 09 h 06

    Une anecdote

    Il y a quelques années, mon fils a roulé dans l'escalier de l'entrée. J'ai donc téléphoné à Info-santé pour connaître les symptômes à surveiller pour les commotions cérébrales. «Niet. Pas question de vous donner l'information. Allez à l'urgence.»

    Heureusement, nous logeons tout près de Sainte-Justine, et la soirée était calme. On n'a pas attendu trop longtemps avant qu'un médecin regarde rapidement mon fils et me donne un feuille de papier sur laquelle on pouvait lire... ce que j'avais demandé à Info-Santé. «S'il y un problème, revenez.» C'était justement mon intention de départ, docteur!

    Avant de houspiller les parents des enfants malades, faites donc vos devoirs et cessez donc de nous FORCER à aller à l'urgence.

    Et ça, c'est sans parler des cliniques sans rendez-vous dans lesquelles on doit prendre rendez-vous avant 8 h du matin.

  • camelot - Inscrit 21 décembre 2011 11 h 20

    Pourquoi pas

    Installer des cliniques sans rendez-vous dans les hôpitaux ? Les urgences seraient vite désengorgées et les patients n'auraient pas à attendre inutilement.

  • M. Savard - Inscrit 21 décembre 2011 12 h 31

    Info-Santé ?

    À chaque fois que nous avons appellé Info-Santé ma conjointe et moi, nous nous sommes fait redirigé vers l'Urgence, sans exception.

  • Francois G - Inscrit 21 décembre 2011 13 h 15

    Pas juste un problème en pédiatrie

    Bien que le niveau d'anxiété est toujours plus élevé (ce qui est tout à fait compréhensible) en pédiatrie, je peux vous assurer que le même problème est très présent en médecine adulte.
    Ayant travaillé moi-même à l'urgence, je peux vous dire qu'une très grande partie des patients sont soit : 1) des "abonnés" qui engorgent l'urgence car il ne sont pas bien suivi ou simplement parce que c'est leur premier réflexe dès qu'il y a un problème et 2) des gens avec des bobos complètement insignifiants qui finissent par attendre 12 heure (parce que leur cas n'est aucunement urgent) et qui sont les premiers à chialer contre le système de santé.
    C'est bien beau blâmer le gouvernement, les médecins et les maudits syndicats, mais peut-être que si les gens prenait le dixième du temps qu'ils prennent à s'intéresser au hockey à s'éduquer sur leur santé on aurait beaucoup moins d'attente (un enfant de plus de trois mois qui fait un peu de fièvre depuis une journée ne devrait jamais se ramasser à l'urgence)
    Mais faudrait quand même pas responsabiliser les gens, ils pourraient se sentir coupables.

    @Sylvain Auclair : c'est assez poche la manière dont ils vous ont traité mais la majorité des gens qui appellent info-santé ne sont pas référés à l'urgence et une grande partie de ceux qui se ramassent à l'urgence auraient eu tout intérêt à appeler avant.

  • Jacques Gagnon - Abonné 21 décembre 2011 15 h 01

    Faute de choix

    Cela semble pourtant simple à comprendre. Essayer d'avoir un rendez-vous dans une clinique privée relève de l'exploit de patience et d'acharnement au téléphone, si vous avez une journée à consacrer au téléphone. Donc pour une urgence, oubliez ça. Les CLSC ne sont pas ouverts 24 heures par jour et tout le monde sait qu'on ne choisit pas son moment pour être malade. Alors que reste-t-il à faire quand vous êtes insécure ?