Rougeole - Des enfants touchés en Mauricie étaient vaccinés

On ne peut tout de même pas taxer le vaccin d'inefficacité. Mais ce sont 5 % des jeunes vaccinés qui ont été atteints, alors qu'on croit généralement que de 1 à 2 % seulement des gens développent la maladie malgré l'immunisation
Photo: Agence Reuters Valentin Flauraud On ne peut tout de même pas taxer le vaccin d'inefficacité. Mais ce sont 5 % des jeunes vaccinés qui ont été atteints, alors qu'on croit généralement que de 1 à 2 % seulement des gens développent la maladie malgré l'immunisation

Près de la moitié des jeunes qui ont contracté la rougeole dans une école secondaire particulièrement touchée par l'éclosion, au printemps, étaient bel et bien vaccinés. L'âge auquel les deux doses du vaccin sont administrées au Québec pourrait — et ça reste à prouver — en diminuer quelque peu l'efficacité. Le débat est enclenché parmi la communauté médicale et dépasse les frontières du Québec, tout comme ce virus qui fait un véritable retour après des années passées dans l'ombre.

Cette année, dans une école secondaire mauricienne, 108 des 1300 élèves ont contracté la rougeole, une maladie pratiquement disparue. Gaston de Serres, de l'Institut national de santé publique du Québec, y a été appelé pour enquêter. Pourquoi cette polyvalente en particulier? L'épidémiologiste partait avec l'hypothèse que les jeunes y étaient probablement moins vaccinés qu'ailleurs. Mais ce qu'il a trouvé a surpris la communauté scientifique, lui le premier.

Tout a commencé quand un membre du personnel de l'école a été infecté lors d'un voyage dans le Sud. Selon M. De Serres, il pourrait par exemple l'avoir contractée à l'aéroport, en côtoyant des vacanciers en provenance de pays où l'épidémie frappe fort, comme la France. Le virus de la rougeole, hautement contagieux, se transmet encore plus facilement qu'un rhume ou une grippe. Le virus s'est ensuite répandu comme une traînée de poudre, atteignant 8,4 % des adolescents de l'établissement.

Surprise: la moitié d'entre eux avait pourtant reçu le ROR — pour rougeole, oreillons et rubéole — à leur carnet de vaccination, dûment rempli, a découvert M. De Serres. Et en deux doses, comme c'est recommandé.

On ne peut tout de même pas taxer le vaccin d'inefficacité. Mais ce sont 5 % des jeunes vaccinés qui ont été atteints, alors qu'on croit généralement que de 1 à 2 % seulement des gens développent la maladie malgré l'immunisation. Tout de même, le vaccin a protégé 95 % des jeunes vaccinés, alors que 82 % de ceux qui ne l'étaient pas ont été malades.

«L'épidémie du Québec ne fait plaisir à personne», explique celui qui séjourne quelques mois à New York et qui reçoit les échos de ses collègues américains. La Mauricie, avec près de 540 cas, est la région la plus touchée par l'éclosion. «Tout le monde se demande pourquoi, dit M. De Serres. Si la réponse est qu'on n'a pas assez de monde vacciné, ça rassure tout le monde. Il suffit de vacciner. Mais, dans cette école fortement touchée, les jeunes étaient vaccinés à 94 %.»

Pourquoi de tels résultats? Gaston de Serres jongle avec plusieurs hypothèses, dont une mince chance que le hasard ait frappé cette école de la Mauricie, sans qu'une situation semblable se reproduise à grande échelle. La science est ainsi faite que d'autres études devront être menées pour percer le mystère. Le calendrier de vaccination pourrait aussi être en cause, selon le scientifique.

«Tout le monde est mal à l'aise avec les résultats», rapporte M. De Serres qui, après les avoir présentés lors d'un congrès tenu à Boston en octobre, se prépare à les publier dans une revue scientifique. Cet inconfort réside dans l'impossibilité de se fier à une seule étude pour agir, par exemple en modifiant le calendrier de vaccination pour augmenter l'efficacité. Actuellement, les bébés reçoivent une dose à 12 mois puis à 18 mois. Certains avancent que des piqûres plus tardives protégeraient davantage, étant donné que le système immunitaire gagne en maturité.

L'épidémiologiste québécois presse des scientifiques européens de répéter cette étude dans les écoles françaises afin de déterminer s'il serait judicieux de vacciner les enfants plus tard, par exemple. «Il faut aller plus loin avant d'agir», selon M. De Serres.

À l'échelle de la province, 24 % des personnes infectées avaient bel et bien les deux doses de vaccin inscrites dans leur carnet de vaccination. Les deux tiers des malades n'avaient pas été vaccinés, tandis que 10 % croyaient l'être mais n'ont pu en présenter la preuve.

Un virus en perte de vitesse


L'éclosion de rougeole perd de la vitesse, mais la vaccination dans les écoles du Québec ne sera pas vaine. Le virus pourrait revenir en force au printemps. «La grosse épidémie du printemps semble interrompue, on est rendu extrêmement bas dans les taux», constate Gaston de Serres. Après 727 cas entre janvier et août, un ou deux cas se sont déclarés sporadiquement cet automne.

Cette accalmie n'est pas attribuable à la campagne de vaccination, qui vient tout juste de s'amorcer, mais plutôt à l'écologie habituelle du virus de la rougeole, qui a tendance, pour une raison inexpliquée, à se propager au printemps. «La crainte que tout le monde entretient, c'est que l'éclosion gagne des régions très urbanisées comme Montréal et Québec, dit M. De Serres. Dépêchons-nous donc à vacciner avant que ça ne revienne». Jusqu'à maintenant, l'éclosion a particulièrement affecté la Montérégie et la Mauricie. Parce que, même à 94 % d'efficacité plutôt que 99 %, le vaccin reste le plus sûr des moyens de se protéger.
7 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 20 décembre 2011 09 h 36

    Problème logique

    Comment peut-on conclure que «le vaccin reste le plus sûr des moyens de se protéger» si, dans le cas d'une maladie «hautement contagieu(se, qui) se transmet encore plus facilement qu'un rhume ou une grippe», 82% des personnes non vaccinées ont été épargnées et que des personnes vaccinées ont quand même été malades?

    Parfois, j'ai l'impression que certains professionnels de la santé ont une foi aveugle envers la vaccination.

  • Emanuel Dumont - Inscrit 20 décembre 2011 10 h 12

    Les études sont nombreuses

    Qui démontrent que cette vaccination n'est pas efficaces, et même contre-productive, la seule immunité valide étant acquise lorsque un enfant non vacciné contracte la maladie (qui soit dit en passant était considérée bénigne jusqu'en 1983, avant l'apparition du vaccin).
    Mais continuons les campagnes de peur et la désinformation.

  • TRIPOD - Inscrit 20 décembre 2011 12 h 21

    Le problème c'est que les pharmaceutiques ne sont là que pour l'argent ...

    Cessons de jouer à l'autruche et de se mettre la tête dans le sable, le problème, c'est que les compagnies pharmaceutiques ne sont là que pour faire de l'argent ! Les vaccins sont souvent distribués sans réellement avoir été testés auparavant ! S'en suivent plus tard des effets secondaires inhabituels, des allergies et même dans certains cas la mort !

    Si les vaccins sont si SÉCURITAIRES alors pourquoi nous fait-on signer des décharges relevant ces compagnies saprophytes de leurs responsabilités ? Quand les gens reçoivent un vaccin pour la grippe et qu'ils sont plus malades que s'ils avaient contracté la maladie elle-même, on est en droit de se poser des questions, non ? Quand de jeunes adultes qui ont été vaccinés pour la méningite au collège développent des maladies comme le LUPUS et la SCHLÉROSE EN PLAQUES, pas besoin d'être Einstein pour arriver à la même conclusion ! Quand on lit que l'emphase que l'on avait mis sur la vaccination de tout le monde pour la grippe H1N1 était excessif, peut-on se demander si ce n'est pas la même chose pour tous les vaccins ?

    Les compagnies pharmaceutiques font tellement de lobbying auprès de TOUS les gouvernements du monde, qu'elles s'achètent de cette façon de l'impunité, ce qui n'est toute fois aucunement justifié et tout à fait inapproprié ! Il est grand temps que l'on se réveille, qu'on les remettent à leur place et qu'on les responsabilise pour toutes leurs actions !

  • Dominique Cousineau - Abonnée 20 décembre 2011 18 h 35

    Heu... Il faut savoir lire...

    "Tout de même, le vaccin a protégé 95 % des jeunes vaccinés, alors que 82 % de ceux qui ne l'étaient pas ont été malades."

    82% des enfants non-vaccinés ont été malades, vs seulement 5% des enfants vaccinés. C'est donc que le vaccin offrait une protection appréciable.

  • Robert Henley - Inscrit 20 décembre 2011 21 h 48

    Il faut avoir du jugement

    Triste de considérer un pareil jugement d'un abonné qui prétend que 82 % des enfant non vaccinés ont été atteint contre seulement 5 % des vaccinés.

    Peut-on pensé que 94% ont été vaccinés

    Une publicité trompeuse.
    «Tout le monde est mal à l'aise avec les résultats», rapporte M. De Serres .
    Trise de constater qu'il y a eu 750 cas de avril à aout, alors que l'épidémie s'est arrêtée, on déclencle une offensive de vaccination.

    70% sur 750 de cas au Québec est en en Mauricie alors que le taux de vaccination est à 94%

    Je crois que (Heu Il faut savoir lire) devrait savoir penser

    Les vaccins c'est dangereux point à la ligne.