Dégénérescence maculaire - La RAMQ mettrait en péril la requête en recours collectif

La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) est accusée de vouloir s'engager dans une saga judiciaire afin de faire échouer un projet de recours collectif intenté contre elle pour avoir toléré une «pratique de facturation illégale». André Lavoie, l'homme qui a fait en sorte que les personnes souffrant de dégénérescence maculaire n'aient plus à payer les frais accessoires exigés dans le cadre de leurs traitements, exhortera aujourd'hui le Tribunal administratif du Québec (TAQ) à «suspendre» la révision de sa demande de remboursement, afin que la Cour supérieure ait les coudées franches pour entendre au printemps sa requête en recours collectif.

«Comme on a intenté un recours collectif, on a demandé au Tribunal administratif du Québec de suspendre le dossier pour qu'il n'y ait pas deux tribunaux qui se penchent sur le même dossier en même temps», explique son avocat, Cory Verbauwhede.

En mai, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a fait savoir que les traitements pour la dégénérescence maculaire seraient désormais offerts gratuitement.

M. Lavoie réclame aujourd'hui le remboursement des frais payés avant la volte-face du gouvernement du Québec, dans son cas 1200 $, mais également l'octroi de dommages moraux et exemplaires.

Les personnes souffrant de dégénérescence maculaire ont dû débourser à plusieurs reprises de 150 $ à 230 $ pour des gouttes préparatoires à l'injection du Lucentis — qui permet de ralentir ou de bloquer l'évolution de leur maladie —, lesquelles coûtent moins de 15 $.

«Il y a des centaines, des milliers de personnes derrière moi qui ont non seulement perdu de l'argent, mais qui ont perdu leur qualité de vie pendant parfois des années, vivant dans l'angoisse et l'insécurité parce qu'on ne savait pas si on était capable de payer tous les mois», affirme André Lavoie. «On a vécu un enfer parce qu'il y avait une facturation illégale», ajoute-t-il.

D'ailleurs, des centaines de personnes suivront de près la requête en recours collectif qu'il pilote contre environ une vingtaine de cliniques privées pour surfacturation illégale, mais aussi contre le ministre de la Santé et la RAMQ pour avoir toléré cette pratique. La RAMQ veut obliger «des milliers d'aînés handicapés visuels» d'entreprendre des démarches individuelles devant le TAQ «sachant pertinemment qu'ils ne seront pas en mesure de s'y présenter pour obtenir justice», selon André Lavoie.

Le porte-parole de la RAMQ, Marc Lortie, s'est refusé à tout commentaire sur ce dossier, se contentant de dire que «la Régie va suivre le calendrier de chacune de ces deux instances [le TAQ et la Cour supérieure]».
1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Inscrit 30 novembre 2011 11 h 55

    À quoi fallait-il s'attendre ?

    La santé est maintenant considéré comme faisant partie des "marchés", et chose certaine, les outils en place pour maintenir la santé ne seront pas utilisés avec des buts autres que le profit, et sachant qu'une personne en difficulté au niveau de la santé est prête à débourser pas mal d'argent pour que la santé lui revienne, ou pour diminuer ses souffrances...

    Même si le produit ne coûte que 15.00$, il est "moralement acceptable" au yeux des marchés, de le vendre de 150.00$ (10 fois plus) à 230.00$ si ceux qui en souffrent ont les moyens de le payer...
    et je crois qu'il faut nous attendre à voir de plus en plus ces dits marchés à non plus aller chercher un profit raisonnable, mais plutôt profiter de certaines situations, où une personne en danger de mort sera prête à se départir de tout ses avoir pour pouvoir rester en vie...

    Il n'y a pas seulement les temps qui chagent, les marchés sont devenus des dieux aux yeux d'un grand nombre, qui voient aujourd'hui plus de valeur en la matière qu'en l'être... et les agirs de certains seront de plus en plus en faveur de "sauver des marchés" que de "sauver des humains" ...

    Où il y a de l'homme... il y a de l'hommerie...