Controverse au CUSM - Le directeur général reste en poste

Réuni d'urgence dimanche, le conseil d'administration (CA) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a réitéré son appui au directeur général de l'établissement, Arthur T. Porter. Ce dernier a démissionné la semaine dernière de son poste de président du comité indépendant chargé de surveiller le SCRS, les services secrets canadiens, après des révélations du National Post. Alors que son départ, prévu en mars, avait été annoncé au printemps, le CA indique que la transition suit son cours pour lui trouver un successeur et qu'il en fait une priorité.

Ce n'est qu'hier matin que le CA du CUSM a publié une courte déclaration pour revenir sur sa réunion exceptionnelle de dimanche. Ses membres indiquent qu'ils connaissaient les engagements du Dr Porter en dehors du CUSM et qu'ils l'ont «autorisé à poursuivre ces activités». Ils ajoutent que ces «activités exigent maintenant plus de temps que ce qui avait été initialement prévu». Cette réunion avait pour objet les absences du Dr Porter depuis quelques mois plutôt que la crédibilité de ce dernier dans la foulée des révélations de la semaine dernière.

Selon le National Post, le Dr Porter a transféré 200 000 $ en fonds personnels à un lobbyiste international basé à Montréal pour un projet immobilier africain qui ne s'est jamais matérialisé.

Ce lobbyiste n'a pas de casier judiciaire, mais traîne un passé trouble, notamment dans le domaine du trafic d'armes. Il devait convaincre la Russie d'investir 120 millions de dollars dans l'aventure. De plus, il aurait offert au sénateur conservateur David Angus un poste de consul honoraire général de la Sierra Leone, son pays d'origine. David Angus, qui est aussi président du CA du CUSM, a décliné l'offre.

Le Dr Porter a affirmé au National Post qu'il aurait dû s'informer davantage sur le passé de cet homme, dont il ignorait tout, avant de faire des affaires avec lui.

Selon ce que Le Devoir a pu apprendre, les membres du CA ne remettent pas en doute sa bonne gestion de l'hôpital, et la décision de l'appuyer aurait fait l'unanimité. Il aurait également été difficile d'accélérer davantage le processus de sélection d'un nouveau directeur général, déjà enclenché, alors qu'il ne reste que quatre mois au mandat de M. Porter.

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