L’Hôpital du Sacré-Coeur «à la croisée des chemins»

Le bloc opératoire de la Clinique Rockland utilisé par l'Hôpital Sacré-Coeur. Le rapport de planification stratégique ne se prononce pas sur le partenariat actuel entre les deux établissements.
Photo: - Le Devoir Le bloc opératoire de la Clinique Rockland utilisé par l'Hôpital Sacré-Coeur. Le rapport de planification stratégique ne se prononce pas sur le partenariat actuel entre les deux établissements.

Après avoir vécu une crise majeure l’an dernier, l’hôpital du Sacré-Coeur à Montréal se trouve «à la croisée des chemins». Vétuste, déficitaire, à quoi aspire l’établissement du nord de l’île qui dessert 1,8 million de personnes ? À un chantier majeur, entre autres, qui pourrait débuter en avril 2013, selon sa Planification stratégique 2011-2016 publiée hier.

«Ça va prendre de dix à douze ans pour complètement moderniser l’hôpital», selon le directeur général par intérim de Sacré-Coeur, Jean Bragagnolo. En entrevue au Devoir, il indique que sa désuétude limite la «performance» de l’hôpital. Pour 2010-2011, Sacré-Coeur a dépassé son objectif budgétaire de 13,1 millions. Le manque à gagner atteindra vraisemblablement 8 millions pour 2011-2012, selon M. Bragagnolo.

Retour en septembre 2010. Rien ne va plus. Les médecins, les pharmaciens et les dentistes de l’hôpital réclament le départ de son directeur général, Michel Larivière. Il part. Les causes ? «Conflit entre les médecins et l’administration», «corps médical divisé», «impression d’un débordement continuel de patients sans vision de solutions», «déficits croissants dont une partie liée à une performance sous-optimale» et «locaux vétustes et non fonctionnels».

Une épée de Damoclès plane aussi sur la mission universitaire de recherche. En 2009, le centre de recherche est «menacé de non-reconnaissance par le Fonds de recherche du Québec — Santé», indique le document, car «plusieurs axes du centre de recherche ont eu une évaluation négative lors de la dernière visite [de] 2009». Des changements devront s’opérer d’ici la prochaine visite, en décembre 2012.

Après les CHUM et CUSM, Sacré-Coeur ?


«La crise a démontré que la stratégie du passé n’est plus adaptée aux défis du futur»: pour sortir l’hôpital du marasme, le directeur général intérimaire Jean Bragagnolo, qui succède à Michel Larivière, a réuni un comité directeur de 20 personnes et quatre groupes de travail, dont un élabore le plan de développement immobilier qui devrait aboutir à des propositions concrètes cet automne.

Dans leur planification stratégique, les dirigeants de l'établissement souhaitent voir la première pelletée de terre du Centre intégré de traumatologie en avril 2013, et celle du pavillon principal en 2015. La réflexion se poursuit, mais les bâtiments existants pourraient encore servir. Pour M. Bragagnolo,  «le débat n'est pas terminé. Je ne veux pas sortir [en public] avec des morceaux [de projet]. Mais il faut en faire un hôpital moderne, sans faire un bâtiment 100 % neuf. La vétusté fait que des rénovations, ça ne suffira pas.»

Rockland MD remerciée ?

Nulle part la planification stratégique ne fait mention du partenariat de Sacré-Coeur avec la clinique privée Rockland MD pour les chirurgies d'un jour. Le contrat avec cette dernière, qui arrive à échéance début 2012, sera-t-il renouvelé ? «On a choisi de faire une évaluation rigoureuse des capacités de récupération dans le réseau public des chirurgies ambulatoires, explique Jean Bragagnolo. On ne donnera pas les résultats avant d’avoir fini. Mais je peux vous dire une chose, l’an passé on a fait 2300 chirurgies, je peux vous annoncer que l’an prochain il va y avoir 2300 chirurgies qui vont se faire», que ce soit au public, ou au privé.

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