Salle comble pour le DSQ

Le Dossier de santé du Québec devrait être déployé dans la région de Montréal au printemps. <br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le Dossier de santé du Québec devrait être déployé dans la région de Montréal au printemps.

À la grande surprise du pharmacien, une centaine de prescriptions l'attendaient un matin en entrant au bureau. C'est que la Dre Julie Dutil avait renouvelé, électroniquement et en quelques clics, toutes les prescriptions de ses patients en prévision de son congé de maternité. Et ce, à deux heures du matin, pendant un creux lors de son tour de garde à l'hôpital, à Chibougamau. Durée de l'opération: 30 minutes.

Depuis qu'elle a piloté l'implantation d'un dossier médical électronique dans son groupe de médecine familiale (GMF) de la baie James, la Dre Dutil dit économiser deux heures par jour.

«Ce n'est pas parfait encore», nuance-t-elle. Elle croît qu'idéalement, le Dossier de santé du Québec (DSQ) serait plus qu'une base de données sur les patients, mais un véritable dossier interactif. Québec laisse plutôt chaque clinique, chaque hôpital, choisir le fournisseur de logiciel — homologué —, qui lui convient pour ce faire. Si le DSQ n'est pas encore implanté à la baie James, rien n'empêche les médecins de prendre de l'avance et d'utiliser les dossiers électroniques, qu'ils alimentent eux-mêmes. Bientôt, ils pourront s'abreuver également aux informations partagées dans le DSQ, la base de données centrale en cours de déploiement dans les régions de Québec, Lanaudière et de l'Estrie.

Impatience


Le Devoir a rencontré la Dre Dutil alors qu'elle s'intéressait à une démonstration du Dr Jean-Guy Émond, qui présentait le DSQ à ses collègues lors d'un événement organisé hier à Montréal par le ministère de la Santé et Inforoute Santé du Canada. Salle comble: environ 600 médecins, pharmaciens, fonctionnaires du réseau de la santé, infirmières, sont venus constater les avancées qui sont aux portes de leurs cabinets en matière d'informatisation. Plus précisément au printemps pour la région de Montréal. On les sent impatients, curieux, un peu anxieux. Autour des postes de démonstration des différents logiciels, les médecins présentateurs étaient assaillis de questions. On pouvait se frotter non seulement au DSQ, mais aussi aux dossiers cliniques informatisés (DCI) des hôpitaux et aux dossiers médicaux électroniques (DME) des cliniques.

Le Dr Michel Robitaille, du GMF du Carrefour, à Québec, utilise le DSQ et un DME depuis six mois. «Oui, il y a des ajustements à faire. Mais ça va bien. Mes patients ne peuvent plus rien me cacher, blague-t-il. S'ils sont allés à l'urgence, je le sais. On gagne du temps, on a les résultats des examens et ça évite d'en prescrire de nouveaux, en double.» Et si le patient ne récupère pas sa prescription à la pharmacie, le médecin le voit aussi.

Pour le moment, quand la Dre Geneviève Dechêne, de Verdun, remplit une prescription électronique, elle doit encore l'imprimer et la donner au patient ou encore la faxer au pharmacien. Bientôt, l'information voyagera par Internet.

À terme, plusieurs ont exprimé le souhait que les milliers de données rassemblées grâce à ces outils informatiques servent à étudier les tendances dans la population. «Une fonction qui n'est pas encore mature», selon le Dr Éric Paradis. «Ça viendra dans des étapes subséquentes», répond la pilote de l'informatisation Lise Verreault, tout comme la prise de rendez-vous sur Internet.