L'informatisation du réseau de santé s'échelonnera jusqu'en 2021

Au 1,4 milliard de dollars que coûtera l'informatisation du réseau de la santé, il faut ajouter les 225 millions de dollars nécessaires à l'actualisation des équipements informatiques afin qu'ils soient compatibles avec le dossier de santé du Québec (DSQ). En commission parlementaire jeudi dernier, le ministère de la Santé a expliqué que si le DSQ sera entièrement déployé pour 2016, l'informatisation du réseau de la santé pourrait s'étirer encore jusqu'en 2021.

Ces 225 millions «sont les investissements connexes, ils ne sont pas inclus [dans le 1,4 milliard], ils sont nécessaires pour l'implantation du DSQ dans chacune des régions selon leur niveau d'avancement», a expliqué le sous-ministre de la santé Jacques Cotton. «Avant que l'ensemble du réseau soit informatisé, ça peut prendre une période de dix ans», a-t-il ajouté.

La critique du Parti québécois en matière de santé, Agnès Maltais, a également souligné à la commission que le ministère avait dépensé 19 millions de dollars pour l'index patient maître, utilisé par sept établissements. «Ces 19 millions-là ont été dépensés en pure perte?», a demandé Mme Maltais. «Vous avez raison», a concédé la directrice du DSQ, Lise Verreault, nommée ce printemps. Elle a expliqué que «ce projet est parti du ministère, mais, en même temps, les établissements pilotaient [l'implantation de leurs propres] index patients.»

Le DSQ comme tel coûtera 563 millions de dollars, alors qu'une somme d'environ 800 millions est prévue pour parachever l'informatisation du réseau, soit l'implantation de dossiers cliniques informatisés (DCI) dans les hôpitaux et de dossiers médicaux électroniques (DME) dans les cliniques. Le ministère s'est également fait prendre de vitesse pour le visualiseur, qui permet de consulter les dossiers. Il sera utilisé comme outil de transition dans certains endroits, mais la plupart compteront sur leurs propres dossiers électroniques. «Ça peut prendre 5 à 10 ans avant que tout le monde se dote d'un DCI ou d'un DME, alors, entre-temps, on peut amener l'info avec le visualiseur», a fait valoir Mme Verreault.

Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, croit que de nouveaux dépassements de coûts sont probables et que le produit final pourrait s'avérer obsolète dès sa mise en place. «On n'est pas surpris [des coûts et des délais], je pense même qu'à la fin ça va être pire encore», a-t-il dit en entrevue au 98,5 FM. «On constate qu'il y a de l'argent qui se perd parce qu'on dépense, on dépense, et on n'a jamais le produit final. On n'a jamais été dans les délais, des sous-contrats de centaines de millions de dollars sont obsolètes parce qu'on ne les utilisera jamais.»