Québec songe à couvrir certaines échographies faites en clinique privée

Le ministère de la Santé songe à couvrir les échographies faites en clinique privée dans le cas des femmes enceintes, de celles qui nécessitent un suivi après une fécondation in vitro (FIV) et de celles qui doivent subir un dépistage du cancer du sein.

«La décision n'est pas encore prise, mais des discussions préliminaires sont en cours», le tout pour améliorer l'accès et diminuer les délais, indique Natacha Joncas Boudreau, porte-parole du ministre de la Santé, Yves Bolduc.

Même s'il s'agit d'un pas dans la bonne direction, les Médecins québécois pour un régime public (MQRP) demandent à Québec d'aller plus loin et de couvrir l'ensemble des échographies menées dans le secteur privé. La couverture, limitée à certains examens spécifiques, est «discriminatoire», dit le vice-président de MQRP, le Dr Alain Vadeboncoeur.

Pour lui, «il n'y a pas de raison de s'arrêter là. Tout le monde pense que ça diminuerait les délais et que ça rendrait le tout plus équitable. Les gens qui ont les moyens de payer passent plus rapidement que les autres. Pourquoi hésiter?» Il ajoute que le dossier piétine «sans raison».

Les médecins radiologistes s'inquiètent que Québec puisse offrir aux cliniques des indemnisations moindres, pour ces échographies, que les tarifs en cours, au détriment de leur rentabilité. Bien qu'ils en discutent de manière informelle depuis plusieurs mois avec le ministère de la Santé, ils n'ont pas entamé les négociations à ce sujet. «Si le gouvernement offre le prix du marché, on est pour, résume le président de l'Association des radiologistes du Québec, le Dr Frédéric Desjardins. Mais s'il réduit les prix de 40 %, on est contre.»

Le Dr Desjardins doute également que gratuité rimera avec accessibilité. «La capacité dans les cabinets n'est pas si importante et mes membres travaillent déjà à temps plein. Même si plus de gens appellent parce que c'est gratuit, on n'a pas une grosse marge de manoeuvre pour en faire plus», juge-t-il.