Chirurgie - Une première clinique privée agréée au Québec

Un premier centre médical spécialisé (CMS) a obtenu la certification de qualité exigée par Québec pour poursuivre ses activités de chirurgie. Le Centre de chirurgie RocklandMD, grand partenaire privé de l'Hôpital du Sacré-Cœur, a annoncé hier avoir été agréé selon le programme conjoint d'Agrément Canada et du Conseil québécois d'agrément.

Mais les investissements importants annoncés au même moment hier à Sacré-Coeur ne permettront pas de diminuer le nombre de chirurgies transférées vers cette clinique privée. Une pratique qui vise à lutter contre les listes d'attente.

Les cliniques privées qui effectuent des chirurgies ont toutes un permis du ministère de la Santé. Mais celui-ci exige depuis peu qu'elles se soumettent également à l'inspection minutieuse d'Agrément Canada et du Conseil québécois d'agrément, qui certifient qu'elles répondent aux plus hauts standards de qualité. Ces derniers vérifient par exemple les équipements et les protocoles en place, notamment en matière de gestion des complications. «Toutes les cliniques devront avoir leur agrément dans les trois ans», a répété le ministre Yves Bolduc hier, en marge d'une conférence de presse à l'Hôpital du Sacré-Coeur.

L'agrément de cette clinique coïncidait hier avec une annonce d'investissements importants du ministère de la Santé chez son principal client, l'Hôpital du Sacré-Coeur. Ce dernier a transféré plus de 2600 chirurgies d'un jour au Centre de chirurgie RocklandMD entre mars 2010 et mars 2011. Une tendance à laquelle l'injection de

4,5 millions de dollars dans l'hôpital qualifié de «vétuste» par ses dirigeants ne changera rien, estime le directeur médical de la Clinique de chirurgie RocklandMD, le Dr Fernand Taras. «Je ne pense pas [que cela diminuera notre volume de chirurgies]», dit-il, puisque la collaboration avec sa clinique a permis à l'hôpital d'augmenter le nombre de chirurgies offertes entre ses murs.

«L'entente a permis de désengorger en chirurgie», s'est d'ailleurs félicité le ministre de la Santé, Yves Bolduc, en marge de la conférence de presse à l'Hôpital du Sacré-Coeur. Pour lui, «ça augmente la capacité d'opération dans le réseau de la santé».

Le Dr Taras estime que l'agrément obtenu par son établissement pourrait stimuler de nouveaux partenariats entre les hôpitaux et sa clinique: «On sait qu'avec le CHUM et le CUSM, éventuellement des travaux vont se faire, et ils vont devoir même temporairement déplacer certaines chirurgies», a-t-il dit au Devoir.

La CSN, qui dénonce ce recours au privé, estime que cette pratique entraîne des coûts plus élevés. Mais sans pouvoir avancer de chiffres précis, le Dr Taras en doute. «Nous prétendons que ce n'est pas plus cher», dit-il, ajoutant qu'une «étude» devra être menée pour clarifier cette question.

Sacré-Coeur nouveau?


Par ailleurs, les millions injectés par Québec à l'Hôpital du Sacré-Coeur doivent permettre à l'établissement de survivre en attendant les centaines de millions de dollars nécessaires aux travaux de rénovation majeurs dont rêvent ses dirigeants. Ils doivent présenter un projet en ce sens au ministère de la Santé dans les prochains mois. Le ministre Yves Bolduc a confirmé son appui au projet, sur un horizon de dix ans: «Ça va être une priorité pour le gouvernement du Québec, comme le CHUM et le CUSM l'ont été. On va supporter le projet.»

Le ministre fait également de la métropole sa priorité à court terme. «Je vais consacrer beaucoup beaucoup de temps à Montréal cette année pour l'amélioration des urgences et [des soins aux] personnes âgées. Pour s'assurer que cette année à Montréal, on ait une grande amélioration.» Il a précisé qu'il avait formé une équipe spéciale au ministère pour s'occuper de Montréal.
3 commentaires
  • Assez merci - Inscrit 16 août 2011 04 h 31

    Privée pour qui?

    C`est le début des cliniques privées pour du touriste médical et c`est évident que ça sera payant mais le hic est que ses touristes vont passer avant des citoyens du Québec pour se faire soigner.

    C`est comme celà ailleurs pour en avoir vu les conséquences moi-même.

    Les médercins au privé ne sont pas disponobles pour servir au public.

  • Nicole Lamarre - Inscrit 16 août 2011 08 h 31

    Clinique privée

    Clinique privée financée par la régie d'assurance maladie du Québec.

  • Galarneau2 - Abonné 21 août 2011 08 h 29

    Des études indépendantes SVP

    La population devrait exigée des études TOTALEMENT INDÉPENDANTES pour déterminer lequel des deux, privé ou public, est le moins cher.

    Avant d'aller plus loin avec d'autres cliniques de ce genre la population a le droit de savoir.