Baisse des prescriptions d'antibiotiques par les médecins du Québec

Toronto — Des directives à l'intention des médecins du Québec concernant une utilisation appropriée des antibiotiques ont permis une baisse du nombre d'ordonnances, alors que ce nombre allait en augmentant dans les autres provinces, suggère une nouvelle étude.

Ces directives avaient été distribuées aux médecins et pharmaciens québécois en janvier 2005 à cause de craintes concernant la surutilisation des antibiotiques et à la suite d'une éclosion d'infections à la bactérie C. difficile.

Selon l'étude, la consommation d'antibiotiques par personne en 2004 était déjà 23,3 % plus élevée au Canada de manière générale qu'au Québec.

Durant l'année qui a suivi la publication des directives, le nombre d'antibiotiques délivrés sur ordonnance pour des malades non hospitalisés au Québec a reculé de 4,2 %, selon l'étude. Au même moment, ce taux augmentait de 6,5 % dans les autres provinces. Et trois ans plus tard, cette tendance se maintenait.

Dans un communiqué de presse, l'auteur de l'étude, le docteur Karl Weiss, de l'Université de Montréal, a fait valoir qu'il était possible de faire fléchir la consommation d'antibiotiques lorsque les médecins, les pharmaciens et les gouvernements, notamment, unissaient leurs efforts dans un but commun.

Les résultats de sa recherche ont été publiés hier dans la revue Clinical Infectious Diseases.

Des versions téléchargeables des directives étaient disponibles en ligne et des organisations professionnelles, des experts et des universités en faisaient la promotion durant des événements d'information.

Selon le docteur Weiss, cet exemple prouve que des directives simples, courtes et faciles à utiliser influencent les médecins lorsque de telles ressources sont aisément disponibles. Ces directives téléchargeables peuvent être consultées à n'importe quel moment par tous les professionnels de la santé grâce à des appareils électroniques portatifs, a-t-il rappelé.
1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 27 juillet 2011 11 h 23

    Du mauvais journalisme de la Presse Canadienne

    Puisque le but de ces lignes directrices était de réduire la surconsommation des antibiotiques et les infections à C. difficile, en quoi ont-elles réduit la consommation inappropriée (vs la consommation justifiée) des antibiotiques et en quoi ont-elles réduit le taux d'infection de C. difficile au Québec ? Pas un mot.

    L'infection à C. difficile est _provoquée_ par l'utilisation d'antibiotiques mais n'est pas _causée_ par eux ; la seule cause, c'est le manque d'hygiène dans nos hôpitaux.

    Il y a toujours eu des cas d'infection à C.difficile au Québec mais ces cas sont se sont transformés en épidémie (avec, cumulativement, des centaines de morts) depuis la popularité des gels alcoolisés. Or ceux-ci sont totalement inefficaces contre le C. difficile. Zéro pour cent d'efficacité. Les spores de bactéries, dont celles de C. difficile, peuvent vivre des années dans l'alcool.

    Pour venir à bout de cette épidémie par le biais de la réduction de consommation d'antibiotiques, il faudra cesser totalement l'utilisation des antibiotiques, ce qui n'arrivera jamais.

    Pour plus de détails :
    http://jpmartel.com/divers/Clostridium_difficile.h