Quand l'école est proche, les enfants marchent davantage

Les enfants des villes, ceux de milieux défavorisés ou provenant de familles monoparentales sont plus susceptibles de se rendre à l'école à pied ou à vélo.

Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) ainsi que du Département de médecine sociale et préventive viennent de publier une étude qui démontre que c'est entre l'âge de 6 et 10 ans que ces enfants sont les plus actifs dans leurs déplacements depuis et vers l'école.

À 10 ans, le phénomène du «déplacement actif» (à vélo ou à pied) atteint un pic, puis décroît avant même l'adolescence.

Quand ils sont plus jeunes, le taux de déplacement actif est d'environ 23 %, a précisé en entrevue Tracie A. Barnett, professeure au Département de médecine sociale et préventive à l'Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche de l'Hôpital Sainte-Justine.

Le taux de déplacement actif grimpe à 35 % à l'âge de 10 ans, avant de retomber à 15 % à l'âge de 16 ans, rapporte Mme Barnett.

Le phénomène du déplacement actif est important parce qu'une étude précédente, réalisée au Québec, a déjà démontré qu'il y a une corrélation significative entre le poids et le fait que les enfants se rendent à l'école à pied ou à vélo.

«Le fait de marcher les protège contre un excès de tissu adipeux. C'est encourageant, parce que ce n'est pas nécessairement un gros effort, de marcher; c'est un choix de mode de vie. Et on sait que les jeunes doivent accumuler 60 minutes d'activité physique modérée à vigoureuse par jour. C'est le minimum qu'on essaie d'atteindre. Alors en marchant, au moins ça nous donne une contribution, ça peut nous aider à accumuler ces minutes-là qu'on doit absolument viser chez les jeunes», commente Mme Barnett.

Une étude publiée par Statistique Canada en janvier dernier rapportait que chez les jeunes de 5 à 17 ans, seulement 7 % atteignent le niveau d'activité recommandé pour leur âge, soit 60 minutes d'activité modérée à vigoureuse chaque jour.

L'étude des chercheurs montréalais précise que les facteurs qui favorisent le déplacement actif sont la proximité de l'école, l'accompagnement d'amis demeurant près du domicile de l'enfant, l'accompagnement de frères ou soeurs plus âgés, ainsi que la présence de feux de circulation ou de passages piétonniers pour rendre le trajet plus sécuritaire.

Dans le cas des familles monoparentales ou à faible revenu, cela peut être l'absence d'accès à une voiture, par exemple, qui favorise le déplacement actif de l'enfant.

Dans le cas des enfants vivant en ville, c'est la proximité de l'école qui favorise le déplacement actif, l'école se trouvant généralement à moins d'un kilomètre du lieu de résidence, souligne Mme Barnett.

Aux fins de l'étude, 7960 enfants d'âge scolaire fréquentant l'école publique ont été suivis pendant quatre ans, au Canada. L'étude portait sur le déplacement actif depuis et vers l'école, et non sur les autres activités physiques de ces enfants.