La rougeole fait un retour au Québec

Selon les autorités de santé publique, la vaccination reste la meilleure arme contre la rougeole, dont les complications peuvent être sérieuses.<br />
Photo: Agence Reuters Valentin Flauraud Selon les autorités de santé publique, la vaccination reste la meilleure arme contre la rougeole, dont les complications peuvent être sérieuses.

On croyait la rougeole en voie de disparition au Québec depuis le milieu des années 90, mais la voici de retour en force. Au moins 254 cas ont été répertoriés depuis le début de l'année, un chiffre appelé à croître encore, ont prévenu hier les autorités de santé publique, qui, en raison du risque élevé de contagion, recommandent la vaccination aux personnes qui ne sont pas protégées.

Cette éclosion n'est pas à prendre à la légère. Elle surpasse déjà celles de 2007 (94 cas) et de 2009 (6 cas), a rappelé le directeur national de santé publique qui ne voit pas de véritable signe d'essoufflement dans le portrait recensé jusqu'à présent. «Il semble déjà acquis qu'on se dirige vers les 300 cas. Et on n'a aucune évidence indiquant que ce soit terminé», calcule le Dr Alain Poirier.

Les premiers cas ont été recensés parmi des voyageurs qui ont contracté la maladie à déclaration obligatoire en France. Mais l'éclosion a véritablement commencé à s'étendre en mai. Depuis, huit régions ont déclaré au moins un cas. La plus touchée est celle de la Mauricie-Centre-du-Québec qui rapporte les trois quarts des cas recensés jusqu'ici. Suivent ensuite la Capitale-Nationale, la Montérégie et Montréal.

Pour la santé publique habituée à ne recenser qu'un à deux cas de rougeole par année, la présente éclosion est un défi. En effet, la maladie reconnaissable à son cocktail fièvre, toux, écoulement nasal, et rougeurs cutanées, est très contagieuse, explique le Dr Poirier. «Le virus est aéroporté, c'est-à-dire qu'il se transmet dans l'air sans qu'il y ait de contact. [...] En plus, les gens peuvent commencer à excréter la maladie jusqu'à quatre jours avant que les symptômes commencent.»

La maladie frappe principalement des jeunes de 10 à 19 ans et, dans une moindre mesure, les 30 à 39 ans, deux groupes qui affichent des trous plus importants dans leur couverture vaccinale. Quand elle frappe, elle frappe durement puisque 13 % des personnes affectées ont dû être hospitalisées, un ratio qui grimpe à 38 % chez les 20 ans ou plus.

La vaccination


La vaccination reste la meilleure arme contre la maladie dont les complications peuvent être sérieuses. Dans un cas sur mille, la rougeole peut entraîner une complication cérébrale pouvant causer des dommages permanents ou même le décès (1 cas sur 3000). «Nous invitons les gens qui n'ont pas été immunisés ou ne l'ont pas été correctement selon le calendrier vaccinal à se faire vacciner. Le vaccin est sûr, gratuit, disponible, efficace à 99 %», presse le Dr Poirier.

Dans les secteurs les plus touchés, la santé publique peut vacciner jusque dans les écoles. C'est la voie qu'a choisie le directeur de la santé publique de la Mauricie-Centre-du-Québec, le Dr Gilles W. Grenier, qui ne note «toujours pas de ralentissement» dans la propagation de la maladie.

Là-bas, la santé publique travaille également à recenser toutes les personnes vulnérables qui peuvent avoir été en contact avec une personne malade. «C'est beaucoup de travail, raconte le Dr Grenier. On pense aux femmes enceintes, aux bébés de 12 mois et moins, aux personnes immunosupprimées à qui il faut donner des immunoglobulines pour les empêcher de faire la maladie.» 
3 commentaires
  • Roshdy Yann - Inscrit 7 juin 2011 09 h 45

    Obscurantisme

    Les vaccins et l'hygiène publique ont fait bondir notre espérance de vie d'environ 40 ans au début du siècle dernier. Avec seulement quelques notions sur la médecine moderne il est facile de comprendre l'importance des vaccins pour la santé de la population. Se faire vacciner, c'est un geste pour soi-même et pour la collectivité.

    -Étudiant de deuxième année en soins préhospitaliers d'urgence au cégep ahuntsic

  • Simon Chamberland - Inscrit 7 juin 2011 09 h 46

    Responsabilité du mouvement anti-vaccin

    Toute la propagande anti-vaccin a conduit à une baisse de l'immunité grégaire («herd immunity»). Voilà un résultat : une maladie qui peut être grave et qui revient en force, le tout à grands frais pour un État endetté et un système de santé qui déborde déjà. Bravo et merci.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 7 juin 2011 09 h 50

    L'épidémie nous vient de la France

    Un pays très anti-vaccin (souvenez-vous de la H1N1?)