Les étudiants en médecine se disent pris en otage

La relève en médecine n'apprécie pas du tout le fait de faire les frais du bras de fer qui oppose Québec et les médecins résidents. La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) a en effet publiquement dénoncé hier l'arrêt de l'enseignement décrété par la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) pour faire pression sur les négociateurs du gouvernement.

La mesure, en vigueur jusqu'au 10 juin, «affectera directement les étudiants, plus particulièrement une cohorte de 800 externes de première année», affirme le président de la FMEQ, Eric Peters. Si la FMRQ s'en tient à cinq jours, l'impact ne sera pas majeur, a-t-il convenu. «Ce que l'on craint, c'est que les moyens de pression s'étirent sur plusieurs semaines, comme ça a été le cas en 2006 avec les médecins spécialistes.»

La FMEQ dit comprendre les revendications des médecins résidents qui dénoncent l'écart salarial de 25 % qui les sépare des autres provinces et réclament des quarts de travail de 16 heures maximum. Mais les étudiants en médecine n'ont pas à être pris en otage pour autant, affirme M. Peters par la même occasion.

Les fédérations médicales ont des outils pour se faire entendre, insiste le président de la FMEQ. «On préférerait qu'elles le fassent autrement qu'en se servant de nous. Il ne faudrait surtout pas que cela devienne une tendance, car ce genre de mesure pourrait avoir des effets délétères sur la formation des étudiants à long terme.»

En attendant, la FMEQ demande aux quatre facultés de médecine du Québec de prendre tous les moyens disponibles pour atténuer l'impact de cet arrêt. «On souhaite que les médecins en exercice prennent le relais, mais avec leur charge de travail, on doute que cela soit possible.»

Minimalement, la FMEQ espère que les cours annulés, peu importe la raison, seront remplacés et que la validité et la qualité des stages seront donc garanties par des mesures palliatives adéquates.