Les greffés sont plus menacés par le SRAS et contribuent à le propager

Toronto - Les patients qui ont subi une transplantation d'organes — et dont le système immunitaire est affaibli par les médicaments anti-rejet — sont plus susceptibles de contracter le SRAS et de le propager, indique une nouvelle étude menée par des scientifiques canadiens.

Deux patients de Toronto, dont un avait reçu un nouveau poumon et était toujours hospitalisé, ont contracté le syndrome respiratoire aigu sévère et sont morts, non sans avoir infecté plusieurs autres personnes, affirme l'un des auteurs de l'étude. Au moins une personne infectée par les receveurs est également décédée.

Pour combattre ce danger, les hôpitaux ont conçu un nouveau système de dépistage qui devrait permettre, espèrent-ils, d'éviter que des patients devant subir une greffe ne contractent le virus par un organe infecté, s'il y a une autre épidémie de pneumonie atypique.

«Lorsqu'ils sont infectés, ils semblent être plus gravement malades», explique le docteur Deepali Kumar, auteur de l'article qui paraît dans le numéro d'août de American Journal of Transplantation. Comme ils «répandent» plus de virus, ils peuvent infecter plus de gens, ajoute-t-il.

Pénurie d'organes

Même avec un système de dépistage, le SRAS pourrait avoir des répercussions significatives sur le monde des transplantations, qui souffre déjà d'une pénurie d'organes, disent les experts.

Pendant la crise du SRAS, les restrictions aux transferts de patients entre hôpitaux dans la région de Toronto se sont traduites par la perte de 10 donneurs disponibles, qui auraient pu fournir jusqu'à 30 organes différents, indique le docteur Cameron Guest, chef du réseau ontarien qui supervise les transplantations d'organes.

L'obligation de filtrer les donneurs potentiellement infectés à l'avenir pourrait aussi limiter la quantité d'organes disponibles, dit-il. «S'il y avait une autre épidémie de SRAS [...] cela aurait vraisemblablement un impact majeur sur le don d'organes dans la région touchée.»

L'étude cite le cas d'un homme de 74 ans qui a subi une greffe de foie il y a une dizaine d'années. Au mois de mars, il s'est rendu dans l'hôpital torontois qui a été le foyer de la première flambée de SRAS pour un rendez-vous avec un podiatre. Cinq jours plus tard, il était de retour à l'hôpital, montrant les symptômes classiques du SRAS.

Comme le personnel de santé ne savait pas encore à quoi il avait affaire, aucune précaution spéciale n'a été prise, non plus qu'à l'autre hôpital où il a été transféré. On croit qu'il a contaminé au moins 10 personnes, dont sa femme, son médecin de famille, deux visiteurs et six autres travailleurs de la santé. Une de ces personnes a succombé à la maladie.

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