Un test sanguin pour dépister l'Alzheimer

Dépister la maladie d'Alzheimer par un simple test sanguin. Ce qui est encore impossible aujourd'hui pourrait devenir bientôt réalité grâce à des scientifiques de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). L'équipe montréalaise a en effet mis au point un diagnostic biochimique qui permet non seulement de dépister la maladie, mais d'en suivre l'évolution.

L'avancée est importante. Présentement, seule l'analyse post mortem des tissus cérébraux permet de diagnostiquer l'alzheimer de façon définitive. Les cliniciens se rabattent donc sur une série de critères (antécédents familiaux, évaluation de l'état mental et examen physique) pour identifier la maladie.

L'équipe du CUSM a mis au point un test sanguin qui pourrait changer la donne. Pour y arriver, elle s'est servie d'une hormone sécrétée par le cerveau: la déhydroépiandrostérone (DHEA). Des prélèvements sanguins ont été faits chez 86 personnes (39 patients contrôles, 40 souffrant d'Alzheimer et 7 d'une autre forme de démence). Ces échantillons ont été soumis à une oxydation.

Chez les patients atteints par la maladie, l'oxydation n'a pas conduit à une augmentation de la DHEA, contrairement à ce qui est attendu en temps normal, explique le directeur de l'Institut, le Dr Vassilios Papadopoulos. «Il existe une nette corrélation entre l'incapacité à produire suffisamment de DHEA par oxydation dans le sang et le degré de détérioration cognitive des patients atteints.»

Mieux, ce test a permis de poser un diagnostic à des stades précoces de la maladie. Cela signifie qu'il pourrait également être utilisé pour diagnostiquer la maladie d'Alzheimer à ses débuts ou encore pour la différencier des autres démences.

Publiée ce mois-ci dans le Journal of Alzheimer's Disease, cette étude pourrait s'avérer aussi très précieuse pour valider les traitements en mesurant leur impact réel sur l'évolution de la maladie. «Il est vital d'effectuer un test biochimique précis, simple, spécifique et non invasif qui appuie les résultats cliniques», fait valoir le Dr Papadopoulos.