Santé: l'Institut Fraser propose de mettre la loi canadienne entre parenthèses

Bien connu pour son penchant affirmé en faveur du privé en santé, l'Institut Fraser a proposé hier de suspendre l'application d'importantes dispositions de la Loi canadienne sur la santé pendant cinq ans. La proposition, destinée à freiner l'explosion des coûts, a été qualifiée d'«attaque sans fondement» par l'Association médicale canadienne en plus d'être critiquée pour sa démonstration aux allures d'éditorial.

Basée sur une analyse fouillée des dépenses de santé des provinces depuis 2004, l'étude montre que plus de la moitié des recettes totales du Québec et de l'Ontario est actuellement consacrée aux soins de santé. Une situation qui guette les autres provinces à plus ou moins brève échéance.

Pour freiner ce mouvement, le think tank de droite veut donner aux gouvernements provinciaux toute latitude pour trouver de meilleurs moyens de financement. Comment? En permettant à celles-ci d'expérimenter en toute légalité diverses formes de financement privé, notamment par le biais du ticket modérateur, d'une assurance privée valide pour tous les services médicaux ou encore d'une facturation en sus des montants déjà remboursés par le régime public.

Éprouvé ailleurs


Ce genre de formules réussit déjà à d'autres pays développés sans mettre à mal l'universalité des soins, argue Mark Rovere, coauteur de cette étude. Celui-ci plaide en faveur d'un franc coup de barre alors que tous les chefs de partis se posent ces jours-ci en défenseurs du système de santé à la faveur de la campagne électorale. «Les provinces sont en train de se ruiner en finançant un système de santé fondamentalement dysfonctionnel, qui n'offre pas aux Canadiens un accès en temps opportun aux services médicaux nécessaires.»

L'extrémité de la proposition a surpris Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socio-économique (IRIS). «Cette étude est moins un article scientifique qu'un éditorial. La portion sur les dépenses est bien détaillée, mais les propositions pour contrecarrer leur augmentation sont livrées sans les argumenter ni les détailler, ce qui remet en cause le sérieux de la démonstration.»

Quant aux idées mises de l'avant dans le rapport, ce sont des «idées zombies» qui reviennent ponctuellement sans que les preuves de leur effet soient faites, note-t-on dans ce think tank de gauche. «Prenez l'exemple du ticket modérateur. On a déjà tenté le coup en Saskatchewan, et on a dû reculer, rappelle M. Tremblay-Pepin, qui place dans le même camp le recours aux assurances et celui aux hôpitaux privés.
8 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 19 avril 2011 08 h 25

    La meilleure façon de diminuer les coûts...

    La meilleure façon de diminuer les coûts serait qu'on soit tous en bonne santé. Peu importe la façon dont on paie (privé, public ou un mélange des deux), ça revient pas mal au même en fin de compte. Ce qui nous ferait vraiment épargner de l'argent selon l'Institut Fraser serait d'arrêter de soigner les pauvres. Belle idée de notre chère droite radicale...

    Serge Grenier

  • Guylaine Vezina - Inscrit 19 avril 2011 08 h 57

    Réfléchir

    Il semblerait que la spéculation cause beaucoup de crises économiques, que les crises économiques font augmenter les déficits, que les coupures dans les programmes sociaux appauvrissent le citoyen, qu'un citoyen pauvre consomme moins et qu'à la fin de ce processus, rien n'est réglé. On dit également que la crise de surproduction/spéculation des années 30 est survenue à une époque où l'implication des gouvernements dans la création d'emplois et la gestion d'un filet social étaeint quasi inexistantes et que c'est la Seconde guerre mondiale qui nous a sorti de la crise.
    Trois solutions s'offrent alors à nous: déclencher une troisième guerre mondiale (très radicale comme solution!), couper dans les services sociaux et poursuivre notre élan vers une crise encore plus profonde ou réfléchir à de nouvelles solutions moins néfastes pour la collectivité.
    En parlant de réflexion, il y a un excellent documentaire qui passera à la télé de Radio-Canada ce vendredi 22 avril à 18h30. Cela s'appelle "Chercher le courant".

  • Francois - Inscrit 19 avril 2011 09 h 20

    Si tout le monde prennait la responsabilité de sa santé

    Des malades chronique il en a moins que des malades qui ont négligé leur santé. Un programme d'éducation en maintient de la santé serait un bon viatique. On pourrait aussi donner des points Airmiles pour les motiver à adopter une bonne hygiène de vie.

  • northernbud - Inscrit 19 avril 2011 09 h 22

    Hé Oui

    On voit ce que ça donne aux États Unis quand le privé se mêle de santé. Les côuts y sont tellement abordables... Et tout le monde est couvert...
    Y'en a tu encore pour donner de la crédibilité à Fraser et son suppot québécois, l'IEDM ?

  • Louise Hurteau - Inscrite 19 avril 2011 10 h 53

    La Fraser ne devrait jamais être cité

    Les études de la Fraser sont partisanes et surtout qualifié de "pseudo-science" - ce fait est très bien connu. Avec leur subvention de l'industrie du tabac, du pétrole et des fondations d'extrême droite américaines - quelle crédibilité a-t-elle au juste, et surtout - comment ca fait-il que nos médias publient les contes de la Fraser sans préciser que la Fraser est un lobby de droite ?

    Par ailleurs, ce qui me surprend c'est que la Fraser ne cite pas que le système de santé américain coûte 2 fois le prix du système Canadien. Le système américain est le plus cher de tous les pays industrialisés, le seul privé et, le moins performant ! Une résonance magnétique du cerveau au États-Unis est de 3 250$ - à Montréal (en privé) 850$ et en Europe 350$. C'est quoi au juste le gain d'une privatisation ??? La Fraser prend les gens pour des idiots !

    De la Big BS provenant d'un lobbyiste et sa propagande à la gomme - ce n'est pas scientifique, c'est du lobby point à la ligne !