Négligence envers les personnes âgées - Il faudrait signaler au coroner les décès en centre d'hébergement

Les personnes âgées en centres d'hébergement ne sont pas bien protégées par la loi, selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. La Loi sur la recherche des causes et circonstances des décès doit donc être modifiée pour éviter des décès non naturels chez les personnes âgées.

La Commission s'est penchée sur cette loi lorsque l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) a dévoilé l'automne dernier 24 cas de décès «obscurs et violents» dans des résidences pour personnes âgées.

Pour éviter les cas de négligence, la Commission recommande dans un avis juridique de modifier la loi pour que les décès en centre d'hébergement soient eux aussi signalés au coroner, comme c'est le cas pour les décès dans les établissements d'hébergement pour les enfants, pour les personnes handicapées ou atteintes de maladie mentale et dans les prisons. «En vertu de l'âge, de la vulnérabilité des aînés et du fait qu'ils ne sont pas toujours entourés de leur famille, il y a des décès qui mériteraient d'être regardés», explique le président de la Commission, Gaétan Cousineau. La Commission suggère aussi que les décès en centre d'hébergement dont les apparences suggèrent un cas de négligence entraînent automatiquement une enquête du coroner.

La ministre déléguée aux Services sociaux et députée de Bellechasse, Dominique Vien, a reçu le rapport de la Commission avec une «grande ouverture», a indiqué son attachée de presse, Louise Quintin. Les trois ministères concernés par l'avis — Justice, Aînés, Services sociaux — ont d'ailleurs décidé hier de se rencontrer au cours des prochains jours pour en discuter. «On trouve ça intéressant, même très intéressant. Reste à voir comment ça va s'imbriquer et les impacts que ça pourrait avoir.»