Grippe A(H1N1) - Des cas de narcolepsie reliés à la vaccination

Une douzaine de pays ont rapporté des cas suspects de narcolepsie, principalement chez des enfants, suivant la vaccination contre la grippe A(H1N1). Au banc des accusés: le Pandemrix du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK), un vaccin utilisé dans 47 pays. Les données sont jugées suffisamment inquiétantes pour que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réclame des enquêtes plus poussées sur le Pandemrix comme sur tous les autres vaccins pandémiques.

À l'origine de cet avis, une alerte lancée la semaine dernière par la Finlande aux prises avec un nombre anormal d'enfants et d'adolescents ayant contracté la maladie de Gélineau, ou narcolepsie, une affection neurologique caractérisée par des accès de sommeil inopinés et une fatigue extrême. En tout, 60 jeunes de 4 à 19 ans ont reçu ce diagnostic l'an dernier, soit près de trois fois plus qu'à la normale. Dans près de 90 % des cas (52), ceux-ci avaient reçu le Pandemrix.

Dans la foulée, l'Institut national finlandais pour la santé a calculé que le risque de développer une narcolepsie était neuf fois plus élevé chez l'enfant vacciné au Pandemrix, soit 1 pour 12 000. Ses experts notent toutefois que l'association mise en lumière ici «devra faire l'objet de recherches plus poussées». Ceux-ci soupçonnent que la maladie liée à un facteur génétique a probablement émergé à la faveur d'un effet conjoint du vaccin et d'un autre facteur, inconnu celui-là.

Si la Finlande est la seule à afficher un taux aussi important de narcolepsies suspectes, une douzaine d'autres pays ont signalé un petit nombre de cas semblables. Au Canada, deux cas ont été recensés chez des enfants en lien avec l'Arepanrix, petit frère nord-américain du Pandemrix, lui aussi fabriqué par GSK. L'Agence de la santé publique du Canada a été mise au courant «de deux cas de narcolepsie chez des enfants âgés de 4 à 19 ans qui ont reçu le vaccin Arepanrix au Québec», confirme Maja Muftic, coordonnatrice des communications à l'Agence.

Au Québec, deux autres cas de narcolepsie — chez des adultes ceux-là — ont été déclarés au fichier de surveillance des manifestations cliniques inhabituelles, note Nathalie Lévesque, porte-parole au ministère de la Santé et des Services sociaux. «Des études supplémentaires (dont la recherche active rétrospective des cas) sont en cours d'élaboration au Québec pour permettre de bien vérifier si le risque chez les vaccinés est plus élevé que le risque chez les non-vaccinés.»

Ces premiers chiffres ne sont pas de nature à semer l'inquiétude, juge l'Agence de la santé publique du Canada. L'Agence et Santé Canada continueront néanmoins «de surveiller les effets secondaires suivant l'immunisation, y compris les cas de narcolepsie», cela en collaboration avec l'OMS et d'autres partenaires étrangers, a fait savoir Mme Muftic.

En attendant, l'OMS a dit vouloir laisser le Pandemrix sur la liste des vaccins agréés tout en précisant que l'étude finlandaise n'aurait pas de conséquences sur ses recommandations en matière de vaccination. À Londres, un porte-parole de GSK a dit à Reuters que le laboratoire britannique s'attendait à cette recommandation de l'OMS et qu'il étudiait lui-même l'existence d'un lien potentiel entre vaccination contre le H1N1 et narcolepsie.

À voir en vidéo