Des étudiants en médecine plaident pour une plus grande diversité des candidats

Les médecins issus des milieux défavorisés et ruraux sont sous-représentés au Canada, ce qui aggrave la pénurie de médecins de famille. C'est ce qu'a fait valoir hier au Parlement, à Ottawa, la Fédération des étudiants en médecine du Canada (FEMC), qui regroupe 7500 membres dans 14 facultés de médecine au pays (les trois francophones étant exclues). Durant cette journée de lobby, les membres de la FEMC ont organisé plus de 80 rencontres avec les députés pour leur exposer leurs préoccupations et les solutions qu'ils préconisent.

Selon un sondage réalisé en 2007, seuls 12,7 % des étudiants canadiens en médecine viennent de ménages dont le revenu annuel est inférieur à 40 000 $, contre 36,7 % de la population en général. Et seuls 10,8 % des étudiants en médecine viennent de régions rurales, contre 22,4 % des Canadiens.

Le problème est multifactoriel, croit Noura Hassan, étudiante en 3e année de médecine à McGill et vice-présidente en affaires d'éducation à la FEMC. «Mais on sait qu'une grosse partie de ce problème est liée aux droits de scolarité», a-t-elle soutenu. Mme Hassan explique qu'en Ontario, où le coût des études est passé de 4850 $ par année à 18 000 $ en moyenne depuis que les droits de scolarité ont été déréglementés il y a 15 ans, la proportion des médecins venant de familles à faibles revenus a chuté de 23 % à 15 %.

La FEMC propose donc au gouvernement d'octroyer des subventions pour couvrir les frais élevés d'inscription de certains étudiants n'ayant pas les moyens d'assumer les coûts liés aux examens et aux entrevues préalables à leur admission. Elle souhaiterait aussi que le gouvernement finance des camps d'été pour sensibiliser des jeunes des écoles secondaires des régions rurales ou défavorisées à la profession.

Le président de la Fédération médicale étudiante du Québec, Quoc Dinh Nguyen, partage les préoccupations de la FEMC en reconnaissant que la diversité est davantage assurée au Québec en raison des droits de scolarité moins élevés. «Une étude a démontré qu'au Québec, on a 22 % plus de chances de tomber sur des étudiants issus d'un milieu à faible revenu qu'ailleurs au Canada, et la raison principale était les droits de scolarité», a-t-il souligné.