Médicaments pour les réfugiés - Les pharmaciens suspendent leurs moyens de pression

Les ponts sont rétablis entre les pharmaciens propriétaires et Citoyenneté et Immigration Canada (CIC). Tant que les pourparlers se poursuivront, les réfugiés et demandeurs d'asile pourront obtenir gratuitement leurs médicaments sans souci partout au Québec. Comme avant. Mais les négociations s'annoncent ardues alors que les deux parties sont restées campées sur leurs positions hier devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration.

Le retour à la normale a été accueilli avec soulagement par le Comité, qui a insisté sur la nécessité d'assurer tous les services nécessaires aux réfugiés. «C'est un pas dans la bonne direction, j'y vois de la bonne foi. [...] J'espère que les négociations iront rondement», a commenté le député bloquiste Thierry St-Cyr.

Le directeur général de l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), Normand Cadieux, a soulevé la nécessité d'en arriver à une entente formelle inspirée de celles intervenues avec quatre autres organisations fédérales. La demande a été rejetée par Albert Deschamps, directeur régional de CIC pour la région du Québec. «CIC n'a aucune entente avec un tiers et n'entend pas en avoir à cause de la nature de sa clientèle, qui est transitoire.»

Devant le Comité, Albert Deschamps a reconnu des ratés dans la gestion du programme, mais pas comme ceux dénoncés par l'AQPP, qui a signalé des retards d'un, voire de deux ou même trois ans et des arriérés allant jusqu'à des dizaines de milliers de dollars. «Nous n'avons aucune preuve documentaire démontrant des retards comme ceux-là», a dit M. Deschamps, en précisant que toutes les plaintes qui lui ont été soumises ont depuis été réglées.

Le nouvel outil informatique de la Croix Bleue Medavie permettra d'éviter ce genre de problèmes, a promis Danielle Grondin, directrice générale de la direction de la gestion de la santé à CIC. «[Les pharmaciens] sauront tout de suite si la personne est admissible, si le médicament est couvert, à quel prix. Ils pourront ensuite être remboursés dans des délais de deux à trois semaines.»

Le système informatique facilitera la vie des pharmaciens, mais la Croix Bleue Medavie restera un intermédiaire, a déploré M. Cadieux. Or «il est pratique courante que les intermédiaires imposent leur façon de faire», a déploré le directeur général de l'AQPP, qui craint que «cela n'interfère dans le travail des pharmaciens».

Le Comité a par ailleurs voulu savoir pourquoi il a fallu tant de temps pour que les parties se rencontrent. Cinq propositions ont été faites par le ministère, pourquoi les avoir refusées? «Nous n'avons eu qu'une seule proposition, a corrigé M. Cadieux. Et ce fut pour nous sensibiliser à la condition des réfugiés que nous connaissons très bien. Ce fut une perte de temps.»