Santé du coeur: les Canadiens vivent en plein déni

En matière de santé cardiovasculaire, la majorité de la population vit avec une fausse impression de sécurité, négligeant sciemment des facteurs de risque pourtant déterminants. Résultat: neuf personnes sur dix mettent en péril la qualité et la durée de leur vie, montre le plus récent bulletin annuel de la Fondation des maladies du cœur qui doit paraître ce matin.

Chaque année, ce sont 250 000 années de vie qui sont ainsi potentiellement perdues au Canada. Le mouvement donne le vertige, mais il est réversible, note le Dr Marco Di Buono, directeur de la recherche à la fondation. «Il n'est jamais trop tard pour renverser la vapeur. On peut même regagner des années perdues, mais pas toutes, d'où l'importance d'adopter une bonne hygiène de vie dès le plus jeune âge.»

Les gens savent pourtant quoi faire pour garder un coeur en santé — manger plus de fruits, bouger, perdre du poids, cesser de fumer, réduire le stress — et ils s'y astreignent en grand nombre, mais rarement avec assez d'intensité. Un coup de sonde de la fondation a en effet révélé un grave problème sur le plan de la perception, confirme le cardiologue George Honos. «Nous surestimons nos comportements sains et sous-estimons notre tendance à être sédentaires.»

Ce laisser-aller n'est pas sans conséquence. L'inactivité physique peut réduire de quatre ans l'espérance de vie d'une personne, calcule la fondation. Idem pour l'obésité. Quant au tabagisme, il en retranchera potentiellement 14 années. Et tous ces facteurs de risques s'additionnent, rappelle le Dr Honos. «Ce ne sont pas que des années de vie qui sont en jeu ici. Ce sont des années de santé et de qualité de vie que nous pourrions gagner.»

La fondation s'inquiète par ailleurs de voir que, malgré la réalité crue des chiffres, ces facteurs ne sont pas abordés ou si peu dans les cabinets de médecin où la mesure du tour de taille est encore l'exception. «Il n'y a pas que les médecins qui sont en faute, tempère le Dr Di Buono. Les gouvernements fédéral et provinciaux ont une part de responsabilité à assumer. Les individus aussi.»

À cet effet, la fondation a lancé une application permettant aux gens d'avoir un aperçu de leur santé et des risques qui la menacent de même qu'un suivi personnalisé en ligne ou sur leur téléphone intelligent. «Les applications en santé sont très populaires, ce sont parmi les plus téléchargées, nous croyons qu'il y a là un filon à explorer», fait valoir le Dr Di Buono.
1 commentaire
  • Franfeluche - Abonné 1 février 2011 08 h 40

    Pendant ce temps

    Nous, les citoyens du Québec, nous plaignons que nos services de santé coûtent de plus en plus cher et qu'il est difficile d'y avoir accès. Pourquoi en est-il ainsi ?
    Le présent article nous donne la réponse. Alors, arrêtons de chialer et occupons-nous de notre santé.