Amiante - Le Collège des médecins tiendra sa propre réflexion

Après avoir d'abord refusé de se prononcer, le Collège des médecins du Québec a décidé de prendre acte des demandes formulées par un groupe d'une cinquantaine de médecins qui lui avait demandé de se prononcer dans le dossier politiquement explosif de l'amiante. Le président-directeur général, le Dr Charles Bernard, s'est en effet engagé hier à tenir sa propre réflexion. Les résultats seront rendus publics dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

Le Collège n'entend pas pour autant se faire l'arbitre entre les camps des partisans et des opposants à l'amiante qui se déchirent sur la place publique alors que Québec jongle avec la réouverture de la mine Jeffrey, à Asbestos. Sa recherche se fera «dans limites de son champ de compétences». «C'est normal, ça démontre que ce sont des administrateurs responsables», a réagi le Dr Fernand Turcotte, l'un des trois médecins reçus hier par le Collège.

Par cet entretien, le groupe espérait convaincre le Collège de «mettre en lumière la nécessité d'attester de l'endroit où se trouve la vérité scientifique dans le dossier de l'amiante. Une question qui prête à conséquence pour la santé du monde», insiste ce spécialiste de la médecine préventive, qui a qualifié l'entretien de fructueux. «On nous a écoutés avec attention et curiosité.»

Le groupe avait sollicité le Collège par lettre la semaine dernière. Mardi, 120 médecins et professionnels de la santé de 25 pays ont ajouté leurs voix à ces professionnels de la santé qui demandent au Collège de recommander au premier ministre Jean Charest de ne pas soutenir financièrement la réouverture de la mine Jeffrey. Le Regroupement pour l'usage sécuritaire, responsable et contrôlé de la fibre chrysotile a lui aussi demandé à être reçu par le Collège.

Mais pour le Dr Turcotte, l'affaire est déjà entendue. «Comme professionnels de la santé, on n'a pas le choix, il faut être contre l'amiante comme on est contre le tabagisme et toutes les sources de souffrances qui affectent l'humanité.»