1500 patients par médecin - Le calcul de Barrette ne tient pas la route, corrigent les médecins de famille

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, croit que les conditions de pratique actuelles des médecins de famille ne leur permettent pas de suivre 1500 patients.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, croit que les conditions de pratique actuelles des médecins de famille ne leur permettent pas de suivre 1500 patients.

Obliger chaque médecin de famille à suivre 1500 patients n'est pas une solution au problème d'accès à la médecine familiale, estiment la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et l'Association des jeunes médecins du Québec (AJMQ).

En entrevue avec Le Devoir, le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, soutenait lundi que les médecins de famille n'auraient qu'à suivre 1500 dossiers chacun pour être mieux rémunérés et pour régler la question de l'accès à la médecine familiale, alors que deux millions de Québécois n'ont pas de médecin de famille.

Le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, reconnaît que, dans plusieurs pays européens, les médecins arrivent à suivre 1500 patients. Selon lui, ces médecins réussissent toutefois à atteindre ce nombre parce qu'ils se consacrent exclusivement à leur clinique médicale; ils n'ont pas à faire un minimum d'heures dans les établissements de santé, comme c'est le cas pour les médecins québécois. Avec la réalité du Québec, «c'est humainement impossible» de suivre autant de patients, dit-il.

En théorie, les médecins ayant moins de 15 ans de pratique doivent faire 12 heures de ces «activités obligatoires particulières», et les heures chutent à cinq pour les médecins ayant de 15 à 20 ans de pratique. En réalité, les heures augmentent en fonction des besoins des établissements de santé. En 2009, 40 % du travail des omnipraticiens s'est fait dans les hôpitaux.

Aussi, le représentant des omnipraticiens fait valoir que les conditions de pratique sont bien différentes ici de celles qui prévalent dans ces pays où la proportion d'«un pour 1500» fonctionne bien. «La majorité de ces médecins européens ont une ou deux infirmières qui travaillent avec eux et [oeuvrent] dans un environnement informatisé, dit le Dr Godin. Ça ne s'applique pas du tout au Québec.»

Même son de cloche du côté de l'Association des jeunes médecins du Québec, qui représente des omnipraticiens et des spécialistes. On y estime que le Dr Barrette est «complètement dans le champ». «Quand on va dans une clinique aux États-Unis, en Europe du Nord ou au Royaume-Uni, une infirmière rencontre d'abord le patient pour des tests préliminaires, explique le président, François-Pierre Gladu. Avec ces résultats, le médecin voit le patient, puis le renvoie à l'infirmière pour les conseils non pharmacologiques. Cette façon de faire permet de voir beaucoup plus de patients.» Or les médecins de famille n'ont pas les moyens de payer le salaire d'une ou plusieurs infirmières, selon lui. Le Dr Gladu estime qu'il faut viser un plus grand nombre de patients par médecin, mais il précise que les conditions actuelles ne permettent pas d'y arriver.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on estime que l'accessibilité à la médecine familiale s'est accrue ces dernières années. «Il y a toujours une pénurie, le ministre le redit, mais elle se résorbe tranquillement, au fur et à mesure que plus de médecins sont diplômés», a dit l'attachée de presse d'Yves Bolduc, Karine Rivard. Elle rappelle que la Table de concertation sur l'accès aux médecins de famille, qui réunit entre autres les fédérations de médecins spécialistes et de médecins omnipraticiens, étudie la question depuis avril 2009. Depuis, le nombre de groupes de médecine de famille, des cliniques aux équipes multidisciplinaires, est passé de 180 à 217. Le ministère a aussi doublé les cohortes de médecine dans les universités québécoises ces dernières années.

Le Dr Godin, en pleines négociations avec le ministère de la Santé pour le renouvellement de son entente générale, espère que la «chicane de docteurs» au sujet de la rémunération est terminée. Dans une publicité publiée samedi, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, accusait les omnipraticiens de «diviser la communauté médicale» en comparant leur salaire à celui des spécialistes dans leurs négociations avec le gouvernement. C'est ce qui l'a amené à conseiller à la FMOQ d'imposer le ratio de 1500 patients par médecin de famille, pour améliorer la rémunération des omnipraticiens.
 
10 commentaires
  • Jean Peupu - Inscrit 22 décembre 2010 07 h 58

    Bizarre

    Il y a quelque chose qu’on ne dit pas c est que nos médecins de famille obligent leurs patients a les voir au moins une fois par année pour une visite annuelle même si la personne n en a pas besoins .sinon on après un certain temps il ne font plus parti de leurs patients .
    Il y a des frais pour une visite son chargé a la RAMQ.et de ce fait ses visites inutiles prennent la place d’autres patients et obligent ceux-ci d aller engorger nos urgences. Dans le fond on devrait laisser le marcher des médecins libres d’accès et ne pas exiger de cotas de patients se faisant il y aurait mois d attente aux urgences et une baisse des couts car dans le fond la médecine c est suppose de servir les malades pas ceux en santé

  • Bernard Terreault - Abonné 22 décembre 2010 10 h 36

    Pour une fois Barrette a raison

    J'ai 70 ans, je vois mon "médecin de famille" environ 15 minutes à tous les deux ans. Quand ii m'est arrivé des urgences (pas souvent), j'ai dû aller à la clinique sans rendez-vous. Par contre, le médecin de de ma conjointe est très à cheval sur ses principes et l'oblige à la voir 4 fois par an pour renouveler ses prescriptions, même si sa condition est stable depuis des années. Pour une fois Barrette a raison, si d'autres pays peuvent le faire, ça doit pouvoir se faire.

  • Bernard Terreault - Abonné 22 décembre 2010 10 h 46

    Un autre exemple

    Chaque année, la secrétaire de mon "médecin de famille" m'appelle pour m'offrir le vaccin contre la grippe alors qu'il est disponible à bien plus faible coût au CLSC qui donne un service rapide et bien organisé ! A-t-on vraiment besoin de quelqu'un ayant 20 ans de scolarité pour faire une petite piqûre? -- même que la dernière fois, c'est une ÉTUDIANTE-infirmière qui m'a piqué, avec un sourire angélique et un professionnalisme incomparable.

  • Pierre Sabourin - Inscrit 22 décembre 2010 16 h 20

    Calculatrice a la main et quelques experiences

    Calculatrica a la main, 1500 patient ca veux dire que sil le médecine travaille 365 jours par année il doit voir 4.1 personne par jour!!! Disont quil est parresseux et ne travaille que la moitié de l'anné ça fait 4.2. Sérieusement big WOW....

    Voici un court récit, lorsque jai demander pour un rendez vous anuelle, on ma dit que je devrais oubler ca parceque les liste d'attente sont trop longue. Ben ca doit pas etre si pire..combien longÉ 3 ans elle me dit...elle me dit meme que je devrais déclarer une urgence si ca peux pas attendre 3ans...

    Ok une autre, demande un teste de dépistage a mon medecin, lorsque j'arrive au labo l'infirmiere me dit que le medecin na pas cocher les case...elle me dit en plus que ca arrive souvent parce que si vous etes diagnostiquer avec quelque chose le medecins est obliger de vous prendre comme patient,,,,,,,

    Un autre en novembre jai eu la pire grippe, et a deux reprise je me suit fait renvoyer chez moi parce que l'urgence étais pleine, et tout ce que javais besoin etais de la pénicyline. 20 jours plutard jai payer un medecin en ontario et ma diagnostiquer un influenza et ma prescrit de la pénisciline.

    Les docteur devrais de un faire des rencontre en groupe pour les cas de grippes similaire sil nont cas prescrir un antibiotique ca leurs couperais de beaucoup.

    Ne devrais pas prendre les cas hypocondriaque juste parce quils sont les premier à ce pointer dans la clinique.

    ETK, 8 personne par jour pour la moitier de l'anné cest vraiment rien. Jsais pas pourquoi ils chialent. A leur salaire ca devrais etre le double.

  • Éric Lavoie - Inscrit 22 décembre 2010 18 h 44

    Démagogie de Barrette

    Barrette use de démagogie. Sa sortie n'est pas anodine. Il craint pour les conditions des spécialistes. Cette charge a fond de train antagonise les groupes et n'a pas sa place. Malheureusement, sa tactique médiatique fonctionne et sa démagogie est recyclée par tout un chacun. Déplorable.