Publicitaires et gens de mode sont invités à opter pour des corps sains et diversifiés

La Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée fait désormais une place à la sensibilisation des jeunes, en plus d'inviter les publicitaires et le milieu de la mode à opter pour des mannequins et actrices de toutes les tailles.

Le contenu de cette charte, qui valorise l'utilisation de mannequins et d'artistes de toutes les tailles dans les publicités, les médias et sur les passerelles, est connu depuis octobre 2009, mais un plan d'action a été dévoilé hier. La ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a mandaté le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes afin qu'il visite les six écoles de mode du Québec, ainsi que l'organisme Anorexie et boulimie Québec pour aider le milieu des agences de mannequins à reconnaître et à gérer les troubles alimentaires. Des visites dans les écoles secondaires sont également prévues.

Aucun nouveau budget n'est toutefois alloué à ce nouveau projet d'éducation. «Il y a déjà certains plans d'action en matière de saines habitudes de vie aux ministères de la Santé et de l'Éducation, et [notre ministère] fait déjà partie de ces plans», a expliqué la ministre. Le contenu des projets de sensibilisation sera donc glissé dans les budgets déjà prévus. «Ça va entrer en vigueur au cours des prochains mois», a précisé Mme St-Pierre.

Ces périodes de sensibilisation sont nécessaires pour que la Charte soit efficace à long terme, selon le Dr Howard Steiger, qui est membre du comité qui a mis la Charte en place. «Il faut questionner la minceur, faire voir les deux côtés de la médaille, montrer aux jeunes qu'être mince, ce n'est pas toujours bon.»

Le spécialiste de troubles alimentaires estime qu'il faudra du temps avant de voir un réel changement dans les publicités et à la télévision. «C'est précoce pour faire un bilan [de l'impact de la Charte]. Le changement social arrive lentement.»

L'Association canadienne des annonceurs a par ailleurs adopté la Charte au Québec, et partout aussi au Canada. Le vice-président de l'Association, Paul Hétu, assure que l'impact sera «sérieux». «Même les gens de l'industrie de la bière ont dit oui!» Lorsque la Charte a été dévoilée en 2009, des groupes, dont la Fédération des femmes du Québec, avaient toutefois critiqué son caractère non coercitif.