Des irrégularités dans la gestion des résidences dirigées par Robert Laramée

Après avoir dirigé pendant 20 ans deux résidences pour personnes âgées situées dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, l'ex-conseiller municipal et ancien directeur général du parti Vision Montréal, Robert Laramée, a remis sa démission lundi dernier, a appris Le Devoir. Ce départ survient après que la Société d'habitation du Québec (SHQ) eut décelé des irrégularités dans la gestion des Habitations Les II Volets.

La SHQ avait décidé d'effectuer une vérification des états financiers des résidences pour aînés à la suite d'une plainte déposée par un résident de la Maison Saint-Étienne. Au terme de l'enquête, un rapport a été remis récemment au conseil d'administration des Habitations. «On a constaté des irrégularités dans la gestion de l'organisme, mais le rapport de vérification n'est pas public», a indiqué hier Colette Duval, du service des communications de la SHQ.

Questionnée sur la nature des irrégularités, Mme Duval n'a pas voulu préciser s'il était question de fraude ou de malversation ou si des recours devant les Tribunaux allaient être intentés. «C'est de la responsabilité du conseil d'administration de l'organisme de voir s'ils vont intenter ou non des recours. Compte tenu du lien d'emploi [entre le c.a. et M. Laramée], la SHQ ne peut pas entreprendre ces recours-là. Ça relève du conseil d'administration», a dit Mme Duval.

La SHQ fera un suivi auprès de l'organisme pour s'assurer de la «saine gestion» des Habitations dans le futur, a-t-elle ajouté.

En août dernier, un porte-parole de la SHQ avait qualifié de «créatives et originales» les pratiques de gestion du d.g. des Habitations. Les doutes soulevés avaient été jugés suffisamment sérieux pour que le dossier soit confié à la direction des affaires juridiques, qui s'était penchée sur la gestion des résidences pour les années 2006 à 2008.

Démission remise

Le président du conseil d'administration des Habitations Les II Volets, Pierre Breton, a confirmé que Robert Laramée avait remis sa lettre de démission lundi «sans explications», mais il n'a pas voulu en révéler davantage. «Avec le conseil d'administration, on s'est entendus qu'il n'y aurait pas de déclaration qui serait faite», s'est-il borné à dire. Au sujet des allégations concernant une somme de 88 000 $ qui n'apparaîtrait pas dans les états financiers de 2008, il n'a pas été plus loquace. «Les allégations, tout le monde en fait. Je ne ferai aucune déclaration à ce sujet», a-t-il dit.

En avril dernier, M. Laramée avait été condamné à payer 5000 $ pour avoir enfreint la Loi sur l'assurance-emploi, en rapport avec la rémunération illégale d'un employé bénéficiant de prestations de l'assurance-emploi. En 2009, les dirigeants des résidences avaient fait une dénonciation volontaire au fisc pour un montant de 60 000 $, soit 3000 $ par année depuis 20 ans.

Robert Laramée n'a pas rappelé Le Devoir. Ancien conseiller municipal, M. Laramée était devenu directeur général de Vision Montréal après sa défaite électorale en 2005. C'est lui qui avait convaincu Benoit Labonté de devenir chef du parti.
 
1 commentaire
  • lephilosophe - Inscrit 17 décembre 2010 07 h 31

    Laramée, Labonté... Harel

    Laramée, Labonté, qui rivalisaient tous deux pour la tête de Vision Montréal. Et... madame Harel qui prétendait venir faire le ménage dans les finances publiques et dans l'éthique de la ville avec ce véhicule troué de toutes parts... Quel mauvais jugement!