Obésité morbide - L'attente pour une chirurgie ne fléchit pas

Dix-huit mois après l'implantation du premier plan d'action sur la chirurgie bariatrique, les délais d'attente n'ont pas fléchi pour les Québécois qui souffrent d'obésité morbide. Pire, la transparence tant espérée n'est toujours pas au rendez-vous, a dénoncé hier la Coalition contre l'obésité morbide, qui presse le gouvernement Charest de jouer cartes sur table.

Les deux cofondatrices de la coalition, Jennifer Schultz et Josée Roy, reprochent au ministre de la Santé, Yves Bolduc, d'avoir lancé son programme sans prévoir de balises claires. «Les données ne sont pas disponibles, rien n'est référencé, ce qui fait que les gens doivent encore magasiner leurs chirurgies. Et comme rien n'est centralisé, c'est ingérable», note Josée Roy.

Les deux femmes conviennent que la cadence s'est accélérée. En un an, le nombre d'interventions a augmenté de 56 %. Cela n'a pas empêché la liste d'attente de bondir de 20 %, passant de 4800 à 6000 personnes. Pour celles-là, les délais se maintiennent à deux ans et demi en moyenne, mais peuvent aller jusqu'à sept ans.

«C'est beaucoup trop quand on sait que l'obésité morbide favorise l'apparition de nombreuses maladies mortelles, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires», déplore Mme Roy. Pour la Coalition, cette improvisation mine les efforts déployés pour améliorer l'accessibilité à la chirurgie bariatrique, qui demeure la seule bouée de sauvetage pour les quelque 300 000 Québécois qui souffrent d'obésité morbide.

Au cabinet du ministre Bolduc, on convient que la transparence n'est pas encore au rendez-vous. «Nous ne sommes pas capables de faire un portrait global parce que chaque établissement compile ses données à sa manière. Nous travaillons à les standardiser afin de les rendre disponibles», précise son attachée de presse, Karine Rivard.

La publication des données est un pas en avant, mais la Coalition réclame plus, soit la création d'un registre comme cela se fait déjà en Ontario. Québec n'est pas prêt à aller jusque-là. La priorité est d'abord d'opérer. Québec a dépassé la cible de 1500 chirurgies qu'il s'était fixée pour 2010. «On approche des 1600», a confirmé hier Mme Rivard. À partir de 2012, 3000 personnes devraient pouvoir être opérées chaque année grâce à l'ouverture prochaine de la nouvelle salle de l'hôpital de Lachine.

C'est encore trop peu, de l'avis de la Coalition. «Dans un monde idéal, il faudrait doubler ce nombre pour atteindre les cibles de l'Organisation mondiale de la santé», rappelle Josée Roy. «Nous sommes conscients que cette chirurgie peut transformer des vies. [...] Mais il faut savoir que les cibles que nous nous sommes fixées dépendent aussi de la capacité du réseau», a répondu Mme Rivard.
2 commentaires
  • Régis Desrosiers - Inscrit 15 décembre 2010 09 h 48

    la seule bouée de sauvetage

    "la seule bouée de sauvetage pour les quelque 300 000 Québécois" ... c'est déprimant. "La seule" ça veut dire que manger mieux et bouger un peu est hors de question.

  • Yvon Bureau - Inscrit 15 décembre 2010 10 h 58

    Urgence d'un sommet

    En vain, depuis des années, et à plusieurs reprises, je demande un Sommet Moins de gras Moins de sel Moins de sucre. Positivement : Plus de goût Plus de santé.

    En haut de ce sommet, réunissant producteurs et distributeurs de bouffe, une diminution significative et solidaire pourrait avoir lieu.

    Je vais en parler au Président Obama, pour un sommet pour l’Amérique du nord…, si je peux trouver son adresse courriellle