Asthme: la médecine douce n'aide pas les enfants

Les médecines alternatives ne sont d'aucun secours pour les enfants souffrant d'asthme. Elles peuvent même empirer leur état en raison des interactions médicamenteuses qui peuvent survenir. Pourtant, au Québec, 13 % des enfants asthmatiques y ont recours, selon une nouvelle étude dont les résultats sont publiés dans la Revue canadienne de pneumologie.

Dans cette étude qui a été effectuée entre 1999 et 2007 auprès de 2000 enfants qui fréquentaient le Centre de l'asthme de l'Hôpital de Montréal pour enfants, il est apparu que ces thérapies alternatives étaient administrées surtout aux enfants d'âge préscolaire, «chez lesquels il est beaucoup plus difficile de contrôler les symptômes», précise en entrevue la pédiatre Francine Ducharme, chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et auteure principale de l'étude. Les approches les plus utilisées étaient les suppléments vitaminiques (24 %), l'homéopathie (18 %) et l'acupuncture (11 %).

Les symptômes de l'asthme étaient souvent mal contrôlés chez les enfants qui consommaient ces thérapies administrées en complément aux médicaments classiques ou carrément en substitut. «L'étude n'a toutefois pas permis de savoir si les symptômes étaient moins bien contrôlés en raison d'interactions médicamenteuses, ou parce que les enfants prenaient moins souvent que requis leurs médicaments classiques, ou les prenaient trop tardivement quand survenait une crise, explique la chercheuse. Souvent, les parents n'informent pas le médecin qu'ils ont recours à une thérapie alternative pour leur enfant. Or, celle-ci peut interférer avec la médication classique.»

Des interactions médicamenteuses dangereuses ont en effet été observées avec la camomille, l'ail et le piment rouge (chili) prescrits en naturopathie. Ces trois substances ont été associées à un risque trois fois plus grand d'hospitalisation chez les asthmatiques.

«Une revue de la littérature scientifique a permis de constater que très peu de ces thérapies alternatives avaient été soumises à des études rigoureuses comparant la thérapie à un placebo. Et parmi celles, comme la chiropractie, l'homéopathie et l'acupuncture, qui ont fait l'objet d'une étude sérieuse, aucune ne s'est avérée efficace pour traiter l'asthme. Par contre, l'efficacité des médicaments classiques a pour sa part été clairement démontrée», fait remarquer la pédiatre qui insiste sur l'importance de ne pas retarder la prise de médicaments classiques efficaces au profit d'une thérapie non éprouvée quand l'enfant commence une crise d'asthme.
2 commentaires
  • mevoici - Inscrit 1 décembre 2010 08 h 18

    qui dit vrai,comme toujours

    Tout le monde se protège,tout le monde ment,c'est comme ça,on ne peut croire personne

  • Alexandre Charest - Inscrit 1 décembre 2010 19 h 55

    Pathétique

    Si t'es assez imbécile pour troquer ta médication pour des pillules de foin, soit. Mais pitié, ne l'impose pas à ton enfant.

    Je n'étais pas un grand amateur de médicaments non plus... jusqu'à ce que je commence mes études de médecine. Morale de l'histoire : Écoute les recommandations du spécialiste et conforme toi au traitement, parce que même si tes intentions sont les meilleures, ton jugement ne vaut rien dans ce domaine.