Désuètes, les écoles de médecine?

L'enseignement des professions de la santé est «dépassé», affirme la revue médicale The Lancet, dans un article publié en ligne ce matin. Les auteurs, dont un Canadien, appellent à une réforme dans les quelque 3000 écoles qui forment les professionnels à travers le monde.

Les soins de santé à l'échelle mondiale ne se sont tout simplement pas adaptés aux nouvelles réalités, écrivent les vingt spécialistes signataires du rapport Health professionals for a new century: transforming education to strengthen health systems in an interdependent world. «Les problèmes sont systémiques: l'incohérence entre les compétences des professionnels et les besoins de la population, la faiblesse du travail d'équipe, [...] les rencontres ponctuelles plutôt que le traitement continu et le faible leadership pour améliorer la performance du système de santé.»

Pour que les soins de santé passent au XXIe siècle, la clé se trouve dans les écoles, où sont diplômés un million de nouveaux professionnels de la santé chaque année, selon les auteurs. D'abord, ils soulignent que les programmes d'enseignement en santé sont trop «statiques» pour le monde d'aujourd'hui, qui voit les besoins de la population changer rapidement. «Les compétences [enseignées] devraient être adaptées aux contextes locaux et être déterminées par les parties prenantes nationales.»

Ils proposent aussi de détruire les «silos» dans lesquels les professionnels évoluent. Les médecins, les infirmières et autres professionnels de la santé ont plutôt intérêt à étudier ensemble, plaident les chercheurs. Cela aurait pour effet de favoriser «les relations collaboratives et non hiérarchiques dans des équipes efficaces».

Les technologies de l'information doivent être plus largement utilisées dans l'enseignement, ajoutent les universitaires. L'enseignement à distance peut aider les régions à garder ses étudiants en formation et après leur diplomation tandis que des logiciels de pointe permettent des simulations réalistes.

Selon les données de The Lancet, sur tout l'argent investi dans le monde en santé, seuls 2 % vont aux établissements d'enseignement. Les gouvernements doivent donc investir davantage pour assurer du matériel de pointe et un bon enseignement dans les écoles de santé, selon les auteurs.
3 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 29 novembre 2010 06 h 55

    Le contrôle, c'est le pouvoir

    Le contrôle, c’est le pouvoir. Mais comment l’illusion du contrôle est-elle transformée en pouvoir sur vous et sur moi? Les sorciers, les prophètes, les prêtres, les scientifiques et les médecins gagnent notre confiance en nous donnant l’impression qu’ils ont des liens avec une vérité invisible, une vérité dissimulée derrière la surface du monde que nous voyons.
    Par conséquent, nous donnons à ces personnes tout ce qu'elles veulent.Les Québécois, comme les Canadiens et les États-uniens, injectent des sommes d'argent astronomiques dans les poches des médecins et des infirmiers. Les dépenses reliées aux soins médicaux représentent le segment de l'économie qui connaît la plus forte augmentation. Et jamais nous n'osons remettre en cause leur rémunération à cause de ce contrôle qu'on exerce sur nous.

  • Jacques Morissette - Inscrit 29 novembre 2010 10 h 14

    Le milieu de la santé québécois, trop de grenouillages corporatistes.

    Il y a beaucoup d'anachronisme dans le milieu de la santé québécois. Les corporations y font trop la pluie et le beau temps, à l'opposé du système de santé québécois qui s'en va à vau-l'eau.

    Les différentes corporations dans le milieu de la santé prennent trop de place et ce qu'on peut observer, c'est du grenouillage systématique pour savoir qui aura le plus de beurre à mettre sur son pain.

    Pendant ce temps, la population vieillissante est comme prise en otage devant ces gens qui prétendent à travers leur porte-voix qu'ils sont des professionnels de la santé, à qui veut les entendre.

    Il faut vraiment être aveugle, sourd et muet pour ne pas se rendre compte que ces professionnels ne sont vraiment là pour les intérêts de tous.

    Précisons que ce sont moins les professionnels du milieu de la santé qui sont ainsi que les corporations qui les représentent pour défendre le statu quo qui continue de les avantager, envers et contre tous.

    Cet article de Lancet signale un peu ce qui se passe dans le milieu de la santé (sangté) québécois. Il ne parle pas des pharmaceutiques que certains qualifient de "pusher", pour vendre leur produit à gros prix.

    Ils prennent souvent des moyens illimités dans le but de prendre les gouvernements en otage ou pour s'assurer de leur complicité tacite.

    Ce qui est triste dans tout ça, c'est le peu de place accordé pour les initiatives individuelles pour améliorer réellement le milieu de la santé.

    Les initiatives permises sont celles qui favorisent encore plus les corporations en cause ou l'appétit d'ogre des pharmaceutiques. C'est un peu tout ça l'anachronisme, au détriment de tous.

  • pasencore - Abonné 29 novembre 2010 12 h 29

    lecture

    Tres bon article qui malheureusement ne donne pas entierement l heure juste...se concentrant sur l évolution et le manque de financement en enseignement.Cela ne demeure qu un article et il faut apprendre a lire ces articles a sensations et en faire une critique sur des bases scientifiques et non sur une compréhension biaisée par des opinions un peu a l emporte pieces......Seigneur ou est la rigueur....ecrivez mais pas n importe quoi.....surtout dans des champs inconnus