Mammographies - De «sérieux ratés» et des poursuites

Sans failles, le Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS)? Loin de là, affirme l'avocat spécialisé en santé Jean-Pierre Ménard, qui parle plutôt de «sérieux ratés». Au centre de la controverse, trois femmes qui sont passées entre les mailles du filet, mais surtout leurs trois radiologistes qui, depuis, ont pris la décision de ne plus interpréter des mammographies de concert avec le Collège des médecins du Québec.

L'une de ces trois femmes est décédée en 2009. Les deux autres ont subi un calvaire qui aurait pu être écourté si leur cancer avait été détecté à temps, comme l'illustre l'histoire de Louise Barrette. En 2005, son radiologiste aurait dû voir une calcification. Idem en 2007. En 2009, il a manqué un cancer de stade 2. Résultat: un an et demi de traitements agressifs qui s'étirent encore aujourd'hui, et qu'elle n'aurait pas eu à subir si l'alarme avait été donnée dès 2005.

Deux de ces radiologistes font l'objet d'une poursuite pour des erreurs de lecture ayant entraîné des retards de diagnostic de cancer du sein. Le troisième pourrait l'être sous peu pour les mêmes raisons, a annoncé hier Me Ménard, dont le bureau étudie une douzaine d'autres dossiers du même genre. Pour l'un de ces radiologistes, le Collège a ordonné une vaste opération de relecture. 15 000 films devront être revus. Rien de tel ne sera entrepris pour les deux autres.

Cette décision étonne autant qu'elle inquiète Me Ménard. «Demander à ces médecins de ne plus pratiquer comme l'a fait le Collège, ce n'est pas banal. Ça laisse supposer que le problème n'est pas isolé et qu'il traduit une problématique plus importante.» Au nom de la sécurité du public, ce dernier demande donc au Collège d'ordonner deux autres relectures.

Ce serait parfaitement superflu, a aussitôt répondu le Collège. «Nous avons des mécanismes pour évaluer la pratique professionnelle d'un médecin. Dans le premier cas, il y a eu plusieurs indices suggérant des problèmes plus généralisés. Pas pour les deux autres qui performaient bien», a expliqué le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert.

Cela ne rassure guère Me Ménard, qui affirme au contraire que les mécanismes de contrôle en place sont insuffisants. «Un système de surveillance qui repose sur les diagnostics manqués n'est pas un bon système.» C'est aussi l'opinion de la Coalition priorité cancer au Québec, qui juge que «ces problèmes de qualité et de fiabilité mettent à mal la santé des femmes».

Pas d'accord, rétorque le Dr Robert. «Je m'excuse, mais les contrôles sont serrés et répondent aux normes canadiennes. Par cette affirmation, Me Ménard démontre son ignorance de nos mécanismes de contrôle.»

C'est aussi l'opinion du président de l'Association des radiologistes du Québec, le Dr Frédéric Desjardins, qui croit que Me Ménard a tort de conclure, «sur la base de trois cas anecdotiques», que le système ne fonctionne pas. «Le programme fonctionne. Il est normal que certains cancers passent inaperçus, c'est le propre du dépistage. Mais en généralisant, Me Ménard sème le doute et c'est très grave.»

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on confirme qu'il est normal que des cas échappent au dépistage. Quant aux mécanismes d'assurance qualité, ils se sont améliorés avec le temps, affirme la Dre Marie Rochette, qui est responsable du PQDCS au ministère. Celle-ci donne toutefois en partie raison à Me Ménard en affirmant qu'ils sont «sont encore perfectibles». «On a des discussions avec les radiologistes et le Collège pour voir comment on peut les améliorer.»

Tous les intervenants ont insisté hier sur la nécessité de continuer à prendre part au programme de dépistage. «Chez les femmes qui ont participé au programme, quand on les compare à celles qui n'y ont pas pris part, on estime qu'on a réduit la mortalité de 35 %. Ce n'est pas rien», a rappelé la Dre Rochette.
5 commentaires
  • Pierre Sabourin - Inscrit 25 novembre 2010 07 h 55

    Peu importe

    Peu importe Mr Robert si Mr Menard comprend bien ou pas le systeme et si vous croyez que ce système fonctionne....vraiment ce qui est imporatant est que c'est que ces failles soient reconnues et corrigées.

    On n'a pas besoin du blame game ici surtout quand des êtres vivant sont en train de souffrir.

  • HADDAD 555 - Inscrit 25 novembre 2010 09 h 50

    Mammographies - De «sérieux ratés» et des poursuites

    Quand on attend 8 a 10 mois pour un audiogramme......
    Quand on attend 7 à 8 mois pour un IRM
    Quand un jeune de 18 ans avec suspicions de problèmes cardiaques doit cesser toute activité sportive , pendant 5 mois afin d'avoir un RDV pour vérifier ses craintes, ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,alors M Bolduc après les ratés des mamographies pour le depistage du cancer du sein, NE POUVEZ VOUS PAS ATTENDRE AVANT DE LANCER UN AUTRE PROGRAMME DE DÉPISTAGE DE CANCER COLORECTAL.......OU EST CE ENCORE POUR DES BESOINS UNIQUEMENT ET BASSEMENT ELECTORALES..........voyons donc Monsieur cessez de nous prendre pour des billes......le travail doit ce faire SANS PUB ET ÊTRE ORGANISÉ SELON VOS POSSIBILITÉS SANS CELA ENVOYEZ LES Québecois se faire ''CHECKER'' aux USA....... comme l'avez fait le parti Québecois il y a quelques pour le traitement du cancer..........

  • Melkitsedeq - Inscrit 25 novembre 2010 09 h 50

    À qui la faute ?

    Ces incidents démontre l’inefficacité du collège des médecins de s’auto discipliner.
    Comme dans le cas des super infirmières, la longue bataille des sages femmes, il me semble évident de s’attaquer au monopole du collège des médecins.

  • TRIPOD - Inscrit 25 novembre 2010 16 h 17

    Le problème c'est qu'il y a toujours des "IMPOSTEURS" qui se servent ...

    Appelez-moi raciste si vous voulez mais le problème c'est un peu beaucoup parce qu'il y a toujours "TROP" de ces "IMPOSTEURS" qui se servent de "NOTRE" système de santé et que dans ce cas-là aussi, il n'y a jamais eu d'enquête publique ! Ce dont je me souviens de la réponse qui avait été faite alors, c'est que le problème ne serait pas assez étendu pour justifier une telle enquête !

    Quand quelqu'un d'un autre pays vient se fait soigner au Québec avec la carte d'assurance maladie de son frère ou de sa soeur résident-e du Québec, c'est tout le reste de la population québécoise qui de un, paie pour et qui de deux, est décalée sur les listes d'attente ! Ce type de fraude ne serait cependant que la pointe de l'iceberg, je me souviens également d'avoir lu, qu'il y a déjà eu des réseaux de faussaires qui distribuaient, moyennement rétribution bien sûr, des cartes d'assurance maladie du Québec ! Pendant ce temps, toi, pauvre québécois crédule qui "PAIE" ce système depuis le tout début, tu dois attendre un an ou deux avant de passer une colonoscopie ! Et on voudrait "T'IMPOSER" à toi un ticket modérateur ! Que l'on commence donc par faire un "GRAND MÉNAGE" du système, après ça, on verra ! Pour l'instant, comme pour tout le reste des services gouvernementaux, nous payons beaucoup trop cher pour la quantité et la qualité des services que nous recevons !

    Est-ce que John James Charest va y jeter un coup d'oeil, à son retour de France ou va-t-il nier en bloc comme pour tout le reste, à moins qu'il recoive une "ristourne" ?