Le sida perd du terrain en Afrique, dit l'ONU

Johannesburg — La propagation du sida commence à ralentir dans le monde et le nombre de nouvelles infections a baissé de 19 % depuis 1999, selon le rapport 2010 du Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) rendu public hier.

«Pour les 33,3 millions de personnes qui vivent aujourd'hui avec le sida», près de 30 ans après l'apparition de la maladie au début des années 1980, «les gains sont réels, mais encore fragiles. Les progrès à l'avenir dépendront fortement des efforts de chacun», note le rapport en soulignant qu'il manque 10 milliards de dollars pour couvrir les besoins de la lutte contre le sida en 2010.

«Nous pouvons dire avec confiance et conviction que nous avons brisé la trajectoire de la pandémie de sida, a déclaré le directeur général d'ONUSIDA, Michel Sidibé, devant la presse à Genève. «Moins de gens sont contaminés. Moins de gens meurent. Au moins 56 pays ont stabilisé ou réduit de façon importante le taux d'infections», a-t-il ajouté.

Traitements et prévention ont produit des résultats et, selon les estimations d'ONUSIDA, le nombre de nouvelles infections s'est établi à 2,6 millions en 2009, contre 3,1 millions en 1999. Le recul global a atteint 19 % entre 1999 et 2009, une baisse qui a dépassé 25 % entre 2001 et 2009 dans 33 pays, dont 22 en Afrique subsaharienne.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrit cette région du monde comme «l'épicentre de la pandémie», où se concentrent encore près de 70 % de tous les cas. L'ONUSIDA constate toutefois que «les plus importantes épidémies» en Afrique subsaharienne, en Éthiopie, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe, «se sont stabilisées ou sont en baisse».

Parallèlement, le nombre de décès liés au sida enregistrés annuellement dans le monde continue à baisser, passant d'un pic de 2,1 millions en 2004 à 1,8 million en 2009.

Ces chiffres «reflètent la mise à disposition croissante de thérapies antirétrovirales, ainsi que de soins et soutien, pour les populations vivant avec le sida, particulièrement dans les pays à moyen et bas revenus». Les effets de la thérapie par antirétroviraux «sont en particulier évidents en Afrique subsaharienne», où le nombre de décès liés au sida a reculé selon les estimations de 20 % (-320 000) entre 2004 et 2009.

D'après le rapport, 5,2 millions de patients en 2009 bénéficiaient de traitements antirétroviraux, contre seulement 700 000 en 2004. Mais près de 10 millions attendent encore un traitement.

Plusieurs pays, en particulier en Europe de l'Est et en Asie centrale, ne suivent pas la tendance générale. Le sida y progresse fortement et, selon les dernières estimations, quelque 1,4 million d'adultes et d'enfants vivaient avec le virus en Europe de l'Est et en Asie centrale en 2009, contre 760 000 en 2001.