Gare au diabète quand survient la ménopause, disent les docteurs

Au moment où se manifestent les premiers symptômes de la ménopause, méfiez-vous du diabète, affirment les médecins. Sachez toutefois qu'en améliorant la qualité de votre alimentation et en pratiquant régulièrement une activité physique, vous pourrez probablement échapper au grand méchant loup!

Le diabète menace particulièrement les femmes en préménopause, une période de la vie où émergent plusieurs pathologies, telles que le diabète, l'excès de cholestérol et les maladies cardiovasculaires, dont l'hypertension artérielle, fait remarquer le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, directeur de l'Unité de recherche des maladies métaboliques de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Sont surtout vulnérables au diabète les femmes qui ont un parent du premier degré atteint de la maladie, qui sont d'origine hispanique, asiatique ou africaine ou qui sont de descendance autochtone. Celles qui ont des taux de sucre limites, qui présentent un excès de poids au niveau de l'abdomen, et qui sont suivies médicalement pour une maladie vasculaire, telle que l'hypertension artérielle, sont aussi des candidates à surveiller de près. Les femmes ayant souffert d'un diabète de grossesse ou du syndrome des ovaires polykystiques (règles irrégulières) sont aussi beaucoup plus à risque de développer un diabète au moment de la ménopause.

«On diagnostique souvent le diabète avec six ou sept ans de retard par des complications aux yeux. La moitié des patients diabétiques sont asymptomatiques», affirme le Dr Rabasa-Lhoret, endocrinologue au CHUM, avant d'ajouter qu'en plus d'induire des complications aux yeux et aux reins, le diabète accroît substantiellement le risque de maladies cardiovasculaires.

Mode de vie et prévention

Une importante étude effectuée par le National Institutes of Health auprès de femmes dont le taux de sucre était limite a toutefois montré que quand on leur administrait du metformin (ou glucophage) — le médicament utilisé normalement comme traitement initial du diabète — en plus de leur conseiller régulièrement de perdre du poids, d'améliorer la qualité de leur alimentation et de marcher plus, leur risque de développer le diabète chutait de 30 % par rapport à la situation où elles ne recevaient que de simples recommandations concernant leur mode de vie. La prise en charge de ces femmes prédiabétiques par des professionnels de la nutrition et de l'exercice faisait deux fois mieux que le médicament, puisqu'elle abaissait d'environ 60 % leur risque de souffrir du diabète comparativement aux simples conseils prodigués lors de leur visite médicale.

Qui plus est, une perte de poids de 5 à 10 % permettait de réduire de 50 % le risque de développer le diabète. Les personnes qui n'avaient pas réussi à perdre de poids, mais qui avaient amélioré la qualité de leur alimentation en mangeant moins de gras (et particulièrement moins de gras saturés) et plus de fibres, soit en consommant moins de viande et plus de poisson, de légumes, de fruits et de grains entiers, avaient vu leur risque de souffrir de diabète diminuer de 30 à 35 %. La pratique de 150 minutes de marche rapide par semaine ou 10 000 pas par jour avait diminué ce risque de 40 %. Les femmes qui avaient atteint ces différents objectifs avaient réussi à retarder, voire à prévenir l'apparition du diabète, souligne le Dr Rabasa-Lhoret.

«Pour éviter la prise de poids, il ne faut pas manger au-delà de sa faim, et choisir des aliments qui soient faibles en matières grasses et riches en fibres», indique la nutritionniste Sonia Fortin, coordonnatrice de la recherche à l'IRCM. Plus précisément, elle recommande de consommer quotidiennement au moins cinq portions de fruits et de légumes — «des aliments contenant beaucoup d'eau et de fibres, mais peu de calories dans un grand volume, lequel est susceptible de provoquer le sentiment de satiété» —, des produits céréaliers sous forme de grains entiers, au moins trois portions de produits laitiers, y compris au moins un verre de lait enrichi en vitamine D.

Le Dr Rabasa-Lhoret recrute actuellement des femmes en début de ménopause qui sont prédisposées au diabète dans le but d'effectuer une étude qui vise à déterminer les interventions qui seraient les plus efficaces et les moins coûteuses pour retarder ou prévenir le diabète. Avis aux intéressées.