Sclérose en plaques - Méthode Zamboni: patience! dit le Collège des médecins

La pression monte, mais le mot d'ordre demeure: patience! Rien encore ne permet de conclure qu'il existe un lien entre la sclérose en plaques et la sténose des veines du cou, a rappelé hier le Collège des médecins du Québec, selon qui la prudence reste de mise. La mise en garde vaut pour les patients comme pour les médecins, qui, autrement, pourraient s'exposer à des «entorses déontologiques».

Depuis l'an dernier, neuf études ont été lancées pour confirmer les données du Dr Paolo Zamboni. «Sur ces neuf études, une seule se rapproche — et encore pas parfaitement — des conclusions [du médecin italien]», raconte le Dr Marc Girard, président de l'Association des neurologues du Québec. Deux groupes, un en Allemagne, l'autre en Suède, n'ont tout simplement pas trouvé de sténoses parmi la cinquantaine de patients que comptaient leurs études respectives.

D'autres études ont carrément contredit la prémisse du Dr Zamboni en montrant que ces occlusions, si elles surviennent, ne sont pas présentes au début de la maladie, ce qui élimine la possibilité qu'elles soient retenues comme étant la cause de la maladie. À la lumière de tout cela, le Collège invite ses membres à ne pas faire d'investigation ni de traitement en ce sens, à moins que cela ne se fasse dans le cadre d'un projet de recherche reconnu.

«Il ne serait pas éthique d'exposer des patients à des traitements dont on ignore s'ils ont des bénéfices tout en sachant que les risques de complications sont réels», a expliqué le président de l'Association des radiologistes du Québec, le Dr Frédéric Desjardins. Le Collège s'inquiète d'ailleurs de voir que le tourisme médical continue de fleurir. Dix-huit pays offrent de mettre en pratique les travaux du Dr Zamboni, au moyen d'une angioplastie ou par la pose d'un stent.

Risque de complications


Ces interventions ne sont pas bénignes, spécialement si elles sont pratiquées à répétition, prévient le Dr Desjardins. «Nous voyons que les personnes ont parfois deux, trois, voire quatre angioplasties sur le même site. Cela fragilise l'artère et augmente les risques de complications.»

Sur les 12 000 personnes qui souffrent de sclérose en plaques au Québec, plusieurs dizaines ont déjà tenté le tout pour le tout à l'étranger. Francine Deshaies est l'une d'elles. «Les bénéfices sont importants. J'ai l'impression d'être revenue cinq ans en arrière!» Mais le retour est difficile. «Cet été, on m'a refusé des suivis.» Et puis il y a eu des complications, et elle a finalement reçu des soins. Le Collège s'est voulu rassurant hier à ce propos. Toutes les complications seront suivies de près.

L'entreprise s'annonce quand même difficile. «On n'a pas de chiffres; les seules informations que nous avons, nous les glanons sur Internet», a raconté le Dr Girard. Et les procédures en jeu ne font l'objet d'aucune norme. «Il n'y a pas de définition standardisée de la sténose veineuse. [...] On ne s'entend même pas sur la manière de la mesurer. Avant de penser à traiter, il faudrait savoir ce qu'on veut traiter», a résumé le Dr Desjardins.

Aussi bien se fier au bon vieux principe de précaution, tranche le radiologiste. «Ce n'est pas vrai qu'on va se baser sur une étude de 30 patients pour traiter les 12 000 Québécois qui ont la sclérose en plaques. Ça prend une puissance statistique et du recul parce qu'il est possible qu'un effet indésirable n'apparaisse pas pour 30 patients, mais pour 1000, 2000 ou plus encore.»

La publication des résultats des premières études devrait permettre de lever une partie des doutes qui assaillent la communauté médicale. Elle est attendue dans deux ans.
2 commentaires
  • Sator - Inscrit 10 novembre 2010 08 h 52

    les castes

    C’est comme dire a un mourant on a quelque chose qui pourrait peut être te guérir, mais on n’est pas assez sur pour te le donner. Il ne faut surtout pas oublier que pour la plupart de ces malades, qu’ils n’ont rien à perdre. Puis de l autre coté dans d’autres situations yen a d’autre qui s’acharne avec toute sorte de machines à garder des personnes vie. Le collège des médecins est une caste avec tous les droits surtout de vie et de mort doit-on laisser ce droit à une petite clique. Mais où donc est passé le mot compassion et humanité. Et ici qu’on ne viennent surtout pas parler de coût, car en premier lieu des gens en santé coûtent moins cher a la société
    ((nos animaux aurait –il plus d’égard))

  • François Dugal - Inscrit 10 novembre 2010 12 h 07

    Collège des médecins

    Qui le collège des médecins protège-t-il?