Congrès canadien de santé cardiovasculaire - Un coeur qui bat trop vite peut réduire l'espérance de vie

Un pouls rapide indique une espérance de vie plus courte. Telle est la conclusion intrigante formulée hier par une équipe de chercheurs devant le Congrès canadien de santé cardiovasculaire, qui se termine aujourd'hui à Montréal.

Les essais, coordonnés par l'Institut de recherche sur la santé des populations, portaient sur 31 531 patients cardiaques de partout dans le monde. Il est apparu que ceux qui présentaient un pouls élevé, soit plus de 78 battements par minute, présentaient plus de risques de mortalité.

Et pas que par leur coeur! affirme la Dre Eva Lonn de l'Université McMaster. Ces personnes affichaient en effet 77 % plus de risques de mortalité de cause cardiovasculaire, mais aussi 39 % plus de risques de subir un incident vasculaire majeur et 65 % plus de risques de mortalité toutes causes confondues. Pour la Dre Lonn, ces chiffres invitent à repenser nos approches en prévention.

«Le pouls est une mesure de routine lors de chaque consultation médicale. C'est une mesure facile et peu coûteuse et nous disposons de médicaments efficaces pour ralentir le rythme cardiaque», a-t-elle fait valoir. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut faire de la médication une solution à tout crin, a tempéré le porte-parole de la Fondation des maladies du coeur du Canada.

«Cette étude sur le pouls est intrigante, mais il est important de se rappeler comment nous pouvons vraiment réduire nos risques éventuels», a rappelé le Dr Georges Honos, selon qui «une alimentation saine, l'activité physique, la réduction du stress, une consommation réduite de caféine et éviter la fumée peuvent vraiment améliorer la santé du coeur».

Prévention

Une autre étude a permis de mettre en lumière l'importance de s'intéresser à la prévention hier. Des chercheurs de Terre-Neuve sont en effet parvenus à déchiffrer le code génétique de la cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène (CVDA), ce qui ouvre la porte à un programme de prévention sur mesure pour ceux qui sont atteints de ce problème génétique rare.

«Les personnes à risque n'ont souvent aucun symptôme, alors le premier indice de cette maladie est malheureusement souvent le décès», a expliqué le Dr Sean Connors de l'Université Memorial. Le dépistage génétique permettra aux équipes médicales d'implanter des défibrillateurs capables de redémarrer le coeur de ces patients. Selon la Fondation, pas moins de 40 000 arrêts cardiaques soudains surviennent chaque année au Canada.