Bolduc: pas plus encadrés qu'avant, les médecins et les infirmières

Surencadrés, les médecins et les infirmières? Pas plus qu'avant, affirme le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui s'inscrit en faux contre les chiffres compilés par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Oui, les cadres ont vu leurs effectifs grimper de 19 % entre 2003 et 2009, mais pas plus que les autres intervenants du milieu de la santé, qui ont vu aussi leurs rangs gonfler. «Le ratio cadre-employés est stable depuis 15 ans, soit de un pour 14 ou 15», a insisté hier le ministre Bolduc.

Dans son portrait du réseau de la santé, publié cet été dans le magazine Le Spécialiste et repris hier dans La Presse, la FMSQ fait état de 108 000 employés occupant des fonctions de soins contre 100 000 en gestion ou en administration. «C'est une erreur. Ils ont mis plusieurs catégories de cliniciens, comme les psychologues, les travailleurs sociaux ou les techniciens, dans le personnel administratif», s'est étonné le ministre Bolduc, dans une entrevue téléphonique au Devoir.

Même indignation du côté de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui affirme que ces chiffres sont «totalement faux». Sur un total de 253 000 employés — l'équivalent des 208 000 à temps complet recensés par la FMSQ — le réseau compte 48 000 personnes qui occupent des emplois administratifs, soit moins d'un employé sur cinq, note la directrice générale de l'AQESSS, Lise Denis. «On est loin du un pour un dont parle le président de la FMSQ.»

Parmi ces 48 000 employés, on trouve ceux de la buanderie et de l'entretien — essentiels à la bonne marche des hôpitaux —, mais aussi les secrétaires et plusieurs gestionnaires, dont un peu moins de 12 000 sont des cadres. Un chiffre à la baisse, affirme le ministre Bolduc. «On a supprimé 121 postes de directeur général au Québec; c'est une diminution de 39 %.» Quant au nombre total d'administrateurs, il a augmenté parce que le nombre d'infirmières et de cliniciens a lui aussi gonflé, poursuit-il. «On a investi plus de huit milliards dans le réseau. On ne peut pas développer ainsi des ressources cliniques sans apporter du soutien administratif.»

Le ministre juge que la répartition des forces est «équitable et équilibrée», d'autant que les chiffres avancés hier ne comptent pas les 16 000 médecins qui travaillent dans le réseau. «C'est facile de chialer contre l'administratif, a-t-il commenté. Surtout quand on véhicule à tort des chiffres qui disent qu'un employé sur deux est dans l'administration. C'est une erreur majeure.»

Pas d'accord, ont riposté la Fédération interprofessionnelle en soins du Québec (FIQ) et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui dénoncent la «gestionnite aiguë» de ce ministère. Quant au président de la FMSQ, il a maintenu à RDI que ces chiffres — qui montrent que le nombre de gestionnaires a grimpé de 30 % contre seulement 6 % pour le personnel soignant en 10 ans — sont bons puisqu'ils proviennent du ministère lui-même et ont été classés selon les normes de l'OCDE.
2 commentaires
  • Sator - Inscrit 29 septembre 2010 09 h 34

    Faut le pour le croire voir

    Pour avoir fait des travaux dans un hôpital de ma région.je dois malheureusement avouer que le problème est entier.beaucoup de bureaucratie inutile et du personnel servant a faire des château-forts pour quelques patron en mal de notoriétés et d augmentation salariales et tout ce beau monde vous diront avec le plus de sérieux.combien ils sont utiles alors que dans les faits pour beaucoup se sont des journées de travail parsemées de discussion café en main sur la décoration de leurs appart de leurs sorties de leurs derniers achats de leurs vacances . pendant ce temps yen a d autres qui sont a moitié mortes et a qui on demande de faire des heurs sup Ah ! bureaucratie quand tu nous tiens

  • Jean-George Major - Abonné 1 octobre 2010 22 h 44

    Notre beau systeme de santé est malade, tres malade...

    Je travaille dans un CHSLD en tant qu'infirmiere, je peux vous le dire que depuis 4 ans il y a eu une dégratation des effectifs et de la qualité des soins.
    Manque de matériels, surcharche de travil clérical. Moins de temps a passer avec nos malades, manque de formation de la part des préposés aux soins. Trop de meetings des cadres. Malpropreté des chambres.
    Épuisement du personnels en place. etc.. etc..
    Il est temps de faire du ménage a la bonne place.