Rapport de l'OCDE - Le Canada invité à mieux lutter contre l'obésité

Appel à la lutte concertée. Dans un rapport dévoilé hier, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) invite le Canada à accentuer, mais aussi à mieux agréger ses programmes de prévention contre l'obésité. L'objectif? Éviter à terme la mort prématurée à 40 000 personnes atteintes par ce trouble de santé.

L'obésité et l'économie de la prévention — c'est le titre du document — confirme qu'actuellement, deux hommes sur trois sont en surpoids et qu'«une personne sur quatre est obèse», au Canada. «Les taux d'obésité sont élevés [...] relativement à la plupart des pays de l'OCDE, peut-on lire. Mais le taux de croissance est [toutefois] l'un des plus bas.»

Pour maintenir le cap, l'organisme international suggère à ses pays membres d'insister sur la prévention, un «meilleur investissement que beaucoup de traitements prescrits actuellement par les systèmes de santé des pays de l'OCDE», indique le rapport. Le document, qui va se retrouver au coeur de la rencontre des ministres de la Santé des pays membres, prévue le 7 ou 8 octobre prochain, évoque au passage les interventions dans les milieux scolaires, l'étiquetage nutritionnel des aliments, la réglementation de la publicité alimentaire, mais également les mesures fiscales et l'accompagnement intensif par un médecin, comme des moyens efficaces pour enrayer le fléau.

«Ces données viennent apporter de l'eau à notre moulin, a résumé hier Paul Boisvert de la Chaire de recherche sur l'obésité de l'Université Laval. Cela justifie les recommandations que nous faisons depuis des années en matière d'étiquetage, de publicité des produits alimentaires et même d'accès des patients à des équipes médicales multidisciplinaires dans le traitement de l'obésité, équipes qui font royalement défaut au Canada pour le moment.»

Le Canada consacre 32 $ par année par habitant pour la prévention, indique l'OCDE, soit 10 $ de plus qu'en Grande-Bretagne et 20 $ de plus qu'au Mexique. Or, sur 20 ans, ces démarches préventives, à condition de faire partie d'une «stratégique complète» pourraient, en plus d'épargner des vies, réduire de 20 000 $ les dépenses engagées par l'État, par personne, pour le traitement des maladies chroniques liées à l'obésité.