Le coût mondial de la maladie d'Alzheimer excédera 600 milliards cette année

Toronto — Une nouvelle étude révèle que le coût mondial de la maladie d'Alzheimer et des démences apparentées excédera 1 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète cette année, soit 604 milliards $US.

Le World Alzheimer Report 2010 ajoute que quelque 70 % de ces coûts concernent l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord.

La directrice des communications de la Société Alzheimer du Canada, Melusine Klein, explique toutefois que les pays développés endossent cette forte proportion de coûts simplement parce qu'ils en ont les moyens.

«La maladie est tout aussi présente dans les autres pays et la prévalence augmentera peut-être même plus qu'ici dans les pays en développement, mais ils n'ont pas les infrastructures nécessaires pour y faire face», dit-elle.

Par ailleurs, Mme Klein souligne que les coûts de la maladie sont d'abord pris en charge par l'entourage de la personne atteinte.

«Un des facteurs très importants est le coût qui est assumé en fait par les aidants naturels. La plupart des soins sont donnés par les proches dans les premières années de la maladie et, seulement plus tard, dans l'évolution de la maladie, par des maisons de soins de longue durée», précise-t-elle.

21 milliards au Canada

Selon les projections de la Société Alzheimer du Canada, le coût de la maladie en sol canadien atteindra 21 milliards en 2010, une augmentation de 40 % par rapport aux 15 milliards de 2008. Cette progression ne s'atténuera pas, bien au contraire, puisque l'on estime que le nombre de personnes atteintes doublera au pays d'ici de 10 à 15 ans en raison du vieillissement de la population.

À l'échelle mondiale, le nombre de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une démence apparentée doublera d'ici 2030 et fera plus que tripler d'ici 2050. Le risque de développer la maladie d'Alzheimer double tous les cinq ans après l'âge de 65 ans.

L'étude, rendue publique à l'occasion de la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, ajoute que la maladie d'Alzheimer et les démences apparentées constituent la crise la plus importante du XXIe siècle en matière de santé et de problèmes sociaux. La Société Alzheimer du Canada déplore que partout au monde, les gouvernements, y compris au Canada, sont terriblement mal préparés pour faire face à cette crise imminente et elle leur demande d'agir sans tarder.

Une priorité

L'organisme appelle Ottawa et les provinces à faire de la lutte contre la maladie une priorité et de se doter d'un plan d'action pour y faire face.

Parmi les mesures urgentes requises, l'organisme recommande d'améliorer le soutien offert non seulement aux malades, mais aussi à leurs proches.

«Le vécu de cette maladie est extrêmement pénible, affirme Mme Klein. C'est une des maladies les plus dévastatrices qui existent, non seulement pour la personne qui reçoit le diagnostic, mais aussi pour toute la famille et les aidants naturels.»

Elle souligne de plus qu'il est urgent de s'attaquer à la source du problème par le biais de la recherche.
2 commentaires
  • Yvon Bureau - Inscrit 22 septembre 2010 08 h 58

    La RICHESSE du temps de la LUCIDITÉ

    Que la recherche continue son travail si essentiel ! Accord total.

    Entre temps, puisque les personnes atteintes de cette maladie sont des humain mortels comme chacun de nous, elles se doivent de profiter de leur temps de lucidité suffisante pour écrire leurs directives anticipées de fin de vie et pour désigner des mandataires pour les faire respecter.

    Ainsi, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres démences auront une fin de vie responsable, préparée, ouverte à la communication, et généreuse pour elles-mêmes et pour leurs proches et pour leurs soignants.

    La richesse du temps de la lucidité et de l’aptitude à consentir et à refuser les soins peut faire diminuer significativement la pauvreté des soignants et des proches qui doivent décider à la place d’un être bien-aimé.

    C’est malheureux que Le colloque provincial sur la maladie d’Alzheimer «Mieux comprendre pour mieux agir», 27, 28 et 29 septembre 2010 - Manoir des Sables, Orford, n’aborde pas suffisamment cette question alors que tout le Québec réfléchit à la question sur le mourir dans la dignité via une Commission parlementaire fort active.

    L’utilisation optimale du temps de notre lucidité est un atout majeur pour notre fin de vie plus en dignité et olus en sérénité.

    http://www.collectifmourirdigneetlibre.org/blog.ph

    www.yvonbureau.com

  • Yvon Bureau - Inscrit 22 septembre 2010 14 h 29

    Le 1e aidant naturel

    Le premier aidant naturel, c'est l'aidé lui-même.

    À lui de dire aux autres qui il est, ce qui a du sens ou pas pour lui, ses valeurs profondes, ses croyances, ses volontés.

    Quel cadeau il fait aux autres ainsi !