Santé - Des amis qui vous font du bien

Être svelte et actif, c'est bien, mais avoir des amis, c'est mieux. Selon une méta-analyse américaine, être bien entouré augmente de 50 % les chances de survie et a plus d'impact sur le taux de mortalité que l'obésité ou l'inactivité physique. La chercheuse Julianne Holt-Lunstad propose une petite révolution pour favoriser les amitiés.

Car c'est la mauvaise époque pour les relations interpersonnelles. Le mariage est en déclin, les déménagements à l'étranger en hausse, les maisons intergénérationnelles sont moins fréquentes que jadis et de plus en plus de personnes vivent seules, ont noté trois chercheurs de la Brigham Young University, en Utah, et de l'Université de la Caroline du Nord. Il faut toutefois réapprendre à se mêler: c'est une question de vie ou de mort.

En faisant le tour de 148 études sur les liens entre relations interpersonnelles et taux de mortalité, les chercheurs ont constaté que les influences positives de la présence de proches sont nombreuses. Elle aide à surmonter les périodes de stress et donc à être moins touché par ses effets négatifs sur la santé. Des impacts directs sur le corps ont aussi été rapportés à maintes reprises. «Par exemple, le soutien social a été lié à une pression plus basse et au meilleur fonctionnement du système immunitaire», cite au passage la professeure de psychologie Julianne Holt-Lunstad, en entrevue téléphonique depuis son bureau de Provo, en Utah. Et bien sûr, être entouré aide à demeurer en santé pour des raisons aussi simples que le fait que nos proches nous incitent à consulter un médecin, à manger plus de légumes ou à jogger.

Politiques publiques

Les chercheurs proposent une petite révolution du côté des politiques en santé, car être bien entouré a le même effet positif sur la durée de vie que de cesser de fumer. «C'est tout un défi de transposer ça en politiques publiques, convient Mme Holt-Lunstad. J'ai dû y penser un bon moment, parce que ce n'est pas aussi évident que pour les autres facteurs de risque, comme le tabagisme.»

Elle propose des mesures pour éduquer le public quant aux effets positifs d'un bon entourage. «Ça pourrait être intégré au système de santé lui-même. Un médecin pourrait en discuter avec ses patients et les encourager à entretenir de bonnes relations.» Elle croit même que des ateliers pour développer les habiletés sociales devraient être offerts par les établissements de santé. «Certains ont grand besoin de les développer!»

La révolution qu'elle propose devrait se rendre jusque dans les plans d'urbanisme des villes nord-américaines. «La façon dont les communautés sont établies ou encore dont les rues sont aménagées peut influer sur les chances de discuter avec les voisins et de s'impliquer dans la communauté.»
 
3 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 10 août 2010 20 h 19

    Utile et solidaire

    Aussi,
    se sentir utile et solidaire a un impact énorme sur le maintien et le développement de la santé.

    Le contraire amène vite maladie, déprime... Le pire pour les personnes âgées, c'est le sentiment d'inutilité et de solitude.

    Notre partie du cerveau, reptilienne, a besoin d'utile et de solidaire.

  • Robert Spickler - Abonné 11 août 2010 09 h 11

    Ais-je bien lu? L'amitié est létale?

    À l'heure ou "facebook" nous procure l'illusion de l'amitié, je me suis demandé si l'auteure de l'article "Des Amis qui vous font du bien" (Devoir 10 août) n'en est pas contaminée au point d'écrire, dans la seconde phrase de son article, ce qui suit:
    "Selon une méta-analyse américaine, être bien entouré augmente de 50% les chances de survie et a PLUS (sic) d'impact sur le taux de mortalité que l'obésité ou l'inactivité physique."
    En bref, ou bien le "plus" de cette phrase devrait être un "moins" ou bien l'étude américaine rapportée anticipe les résultats prochains d'une étude sur les effets létaux de la soi-disant amitié Facebook.

    Robert Spickler

  • Lyette Jalbert - Inscrite 11 août 2010 16 h 03

    Amitié réelle

    Aprés avoir traversé de grandes périodes de turbulences graves ces derniéres année, je confirme que ce qui m'a le plus soutenue, ce sont les liens d'amitié véritables. Après avoir perdu mon mari ,dentiste, d'un arrêt cardiaque en 2004, ma fille a reçu un diagnostic de cancer du sein, d'une forme extrêmement virulente en 2005. Elle est décédée en 2008, laissant deux enfants sans père. Ils demeurent avec moi depuis son départ.

    J'affirme haut et fort que si je n'avais pas eu un réseau d'amités sincère et présent, je suis sûre que je ne serais pas dans l'état ou je suis. Grand-maman de soixante-quatre ans, je travaille encore à temps plein comme infirmière et apprécie toujours plus, de jour en jour, les gestes d'amitié des amis et l'affection des enfants, c'est tout ce qui m'a permis de contibuer ma route plus sereinement, en demeurant en pleine forme et en santé.